ARCHITECTURE SOCIALE

Interview : Mon P’ti Voisinage, réseau social de proximité et de partage

Rendez-vous avec Morgane, chargée de communication de Mon P’ti Voisinage, petite start up bretonne dont l’ambition est de recréer du lien social local à travers un outil simple et rassembleur. Un service vertueux et vraiment ancré au cœur de l’économie collaborative. Un ADN qui nous plait particulièrement chez 50A !

mon p'ti voisinage

  • Peux-tu te présenter en 3 mots ?

Positive / Hyper sociable / Connectée

  • L’ADN du service décrit en 140 caractères qu’est-ce que ça donne ?

Le réseau social de l’entraide et du partage #positif #militant #solidaire

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=NpxiXvqDyKk[/youtube]

  • Quelle est la genèse du projet ?

Mon P’ti Voisinage a été crée il y a 2 ans, en février 2014 par David Rouxel. Son idée part d’un double constat : d’un côté notre société est entrain de perdre « l’esprit village », un esprit où le lien social était très fort. Tout le monde se connaissait, travaillait et pouvait s’entraider dans un rayon restreint. Aujourd’hui le travail est dans les villes, les gens ont tendances à se déconnecter de leur lieu de vie.

D’un autre côté, avec Internet et les smartphones, émerge une nouvelle économie, dite collaborative, sur le thème du partage. Mais il y existe de nombreux acteurs et l’offre peut être un peu compliquée à intégrer pour le grand public.

Mon P’ti Voisinage a été pensé pour répondre à ce double défi : Recréer du lien social et du partage local grâce à un outil numérique simple à utiliser, centré sur l’utilisateur. L’idée du service étant vraiment de faciliter l’acte de partage au quotidien en rassemblant un maximum d’acteurs locaux, individus mais aussi commerces, services, collectivités, institutions etc. Par exemple si un de mes voisins, met sa voiture sur un service d’auto-partage comme Koolicar ou Drivy, je le sais via le réseau et je peux utiliser ce service partenaire.

  • Où en êtes vous aujourd’hui ?

Nous sommes basé à St Malo en Bretagne, avec une équipe de 12 personnes. Ces 3 derniers mois nous avons enregistré +70% de nouveaux utilisateurs, nous en sommes donc à 45 000 utilisateurs réparti sur tout le territoire (avec des zones plus représentées comme la Bretagne ou la région Parisienne). Sinon tous les signaux sont au vert, nous sommes entrain de sortir l’application mobile qui devrait arriver incessamment sous peu et nous développons des partenariats avec des institutions.

  • Quelle est votre méthodologie de travail ?

Notre équipe est à 50% technique et à 50% communication, commercial, « consumer care » et animation de communauté car nous sommes avant tout un réseau social. Nous sommes constamment en adaptation, en 3 mois nous avons doublé notre effectif grâce à une levée de fonds effectuée en novembre 2015.

  • Quels sont vos techniques de développement ? Growthhacking ? Achat média ? RP ?

Le vecteur principal est la viralité, le bouche à oreille. Nous n’avons pas fait de campagne de com’ classique avec achat média print/radio/TV. Nous faisons un tout petit peu d’achat média Facebook et Google mais nous travaillons surtout sur la viralité naturelle de l’outil. Nous entretenons aussi une communauté d’ambassadeurs sur le terrain, qui sont des early adopters très motivés par les valeurs du service. Nous leur fournissons des kits de communication type flyers, stickers et eux font des distributions, organisent des apéros pour faire découvrir le service. C’est du pur volontariat et nous comptons aujourd’hui sur environ 2000 personnes que nous n’avions même pas sollicitées à la base !

  • Comment utiliser vous les réseaux sociaux ?

Nous sommes en phase de tests, d’exploration, de « test&learn » perpétuel. Nous avons testé des petites choses, des jeux-concours mais nous allons passer à la vitesse supérieure. Nous allons devenir très fort, ce n’est que le début, il faut nous suivre ;)

  • Quels sont vos indicateurs de performance ? Comment quantifier le lien social crée grâce au service ?

Evidemment le nombre d’utilisateurs. Mais ce qui nous intéresse aussi c’est d’avoir des voisinages fournis, avec beaucoup de membres car il n’y pas de partage quand il y a trop peu de membres dans un voisinage. Nous mesurons aussi l’activité dans les voisinages, le nombre de partages d’objets ou de service, un taux d’activité en quelque sorte. En terme de visites sur le site, nous nous intéressons aux « returning users » car nous voulons vraiment ancré le service dans le quotidien des gens.

  • Pour vous que représente l’économie collaborative ? Que pensez-vous de « l’uberisation » ?

C’est difficile de définir l’économie collaborative. J’étais récemment avec Pascal Terrasse, le député en charge du rapport sur l’économie collaborative pour le premier ministre. Il avait une formule intéressante : « L’économie collaborative, c’est l’économie qui remplace le verba avoir par le verbe être ». C’est une économie avec un fort aspect vertueux. Aujourd’hui Uber ce n’est pas de l’économie collaborative, car il n’y aucun effet vertueux dans ce service. C’est une entreprise ultra-capitaliste déguisée en entreprise collaborative, elle ne fait pas partie de l’économie collaborative. Il faut d’ailleurs donner des clés de compréhension au grand public pour qu’il fasse bien la différence entre des services vertueux et des services dont seul l’apparence est collaborative comme Uber.

  • Comment Mon P’ti Voisinage s’inscrit concrètement dans l’économie collaborative ? Quel est son modèle économique ?

Nous sommes un service vertueux dans la mesure où nous sommes rassembleur. Nous voulons créer l’outil le plus utile et facile à utiliser tous en rassemblant. Nous n’avons pas vraiment de concurrents mais que des partenaires. Nous avons vocation à intégrer à notre plate-forme tous les services pertinents.

Nous avons un modèle économique basé sur l’affiliation, nous touchons une commission sur les transactions réalisées chez nos partenaires par nos utilisateurs. Nous avons un modèle premium (qui s’appelait jusqu’ici Sharing City), destiné aux collectivités qui leur permettent d’avoir accès à des statistiques, de faire des sondages, de la communication citoyenne, organiser des événements etc.

  • Comment Mon P’ti Voisinage contribue au mieux vivre ensemble ?

Notre service facilite et recrée du lien entre tous les acteurs de la société. Il permet de partager, de mutualiser, d’accéder à des services collaboratifs positifs. Nous choisissons nos partenaires pour leur caractère vertueux, et nous ne serons jamais partenaire d’Uber par exemple.

  • Quel est votre positionnement par rapport aux données ? Votre service est gratuit et si c’est gratuit, c’est toi le produit, non ? ;)

Oui c’est vrai en règle général ! Mais nous nous engageons à ne jamais vendre les données des utilisateurs, à ne jamais rien en faire. C’est une question importante et nous voulons absolument respecter les données des gens. Dans le même esprit nous privilégions toujours les solutions françaises plutôt que celles des géants du web (GAFA) et les solutions open source. Nous essayons d’avoir une démarche vertueuse à tous les niveaux.

  • Si tu avais, avec ton expérience, un conseil à donner à des startupeurs, quel serait-il ?

Déjà ne pas se lancer seul. Et surtout développer rapidement des partenariats malins avec un maximum d’acteurs pertinents (entreprises et institutions). Aujourd’hui toutes les entreprises se prennent un coup de pied aux fesses grâce à la transition numérique et nous sommes au cœur de cette transformation, il ne faut donc pas hésiter à taper aux portes pour faire bouger les lignes.

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