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TRANSITION NUMERIQUE

Atelier Innovation le 27 juin 2017 chez 50a.fr

Sautez vers l’innovation agile, ouverte et allongée !

Au sein des entreprises, innover est devenu vital. Avantage concurrentiel, levier de croissance, améliorer sa réputation, conquérir des nouveaux marchés : toutes les raisons sont bonnes pour innover. Mais qu’est-ce qu’innover aujourd’hui ? L’innovation peut se faire sous plusieurs formes (produit, service, procédé, marketing ou social) et sous plusieurs degrés (innovation de rupture ou incrémentale). Différents types d’innovation se sont développés ces dernières années comme l’open innovation ou l’uberisation.

L’open innovation : “Entrez, c’est ouvert”
Pour booster leur innovation, de nombreuses entreprises ont intégré des startups au sein de leur organisation comme Apple, Google ou L’Oréal. Ce mode d’open innovation permet à l’entreprise de découvrir des nouvelles technologies et de développer ses connaissances. Certaines entreprises optent pour une création de fablab à l’instar de Leroy Merlin ou de Renault. Un fablab est un laboratoire ouvert qui permet à tout individu d’avoir accès à des outils de fabrication numérique afin de concevoir des objets seuls ou en collaboration. Le concept  d’open innovation s’est beaucoup répandu mais les entreprises doivent-elles toutes suivre la tendance ? Quels sont les résultats concrets ? Et si tout n’était qu’un simple habillage de communication…

« L’innovation est ce qui distingue un leader d’un suiveur. » – Steve Jobs

L’uberisation: le nouveau virus du modèle économique traditionnel
L’uberisation a lieu lorsque le modèle traditionnel d’un secteur est remis en cause par un acteur du numérique. Uber avec les taxis, Amazon avec les librairies ou Air Bnb avec le secteur de l’hôtellerie: aucun secteur n’est à l’abri. Les startups ont remis les cartes sur la table, et tout est désormais possible. Les entreprises traditionnelles doivent être réactives quitte à revoir leur business model.

 « Innover ce n’est pas avoir une nouvelle idée, mais arrêter d’avoir une vieille idée. »  – Edwin Herbert Land

Innover avec le design thinking
Chez 50A nous utilisons la méthode Design Thinking : en plaçant l’humain au centre, cette approche permet d’innover autrement en s’inspirant des méthodes des designers, comprendre les besoins du client, la faisabilité technologique et la réalité économique pour créer de nouveaux produits et de nouveaux services. Cette méthode stimule la créativité et développe l’esprit collaboratif au sein d’une équipe.

 

Lors de son prochain atelier, 50A vous éclaire sur les nouveaux types d’innovation et comment s’en servir à son avantage pour être plus compétitif sur le marché.


Intéressé ? Rendez-vous le 27 juin prochain !

ARCHITECTURE SOCIALE DIGITAL

La Blockchain : mythe ou réalité ? 1/3

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L’intelligence artificielle, les objets connectés, l’imprimante 3D, le cloud, la data, la réalité virtuelle (VR), la robotique, toutes ces innovations viennent disrupter la société, les rapports humains et les industries traditionnelles à travers de nouveaux modèles économiques. Cette succession d’innovation s’enchainant à un rythme effréné et l’incroyable accélération du temps bouleversant tout notre écosystème sont les caractéristiques majeures de la révolution numérique touchant aujourd’hui l’ensemble des pans de notre société.

En réalité cette dite révolution engendre surtout de nouveaux paradigmes. Désintermédiation, horizontalité des relations, transparence, échange de pair à pair, les nouvelles technologies se voient depuis plusieurs années leviers de nouvelles structures sociétales et relationnelles. Dans un même temps, nous assistons à une notion de confiance de plus en plus mise à mal. L’hypercapitalisme, les systèmes financiers obscurs, les institutions politiques voient naître un sentiment de défiance de plus en plus important à leur égard.

Le web à ses débuts nous promettait un vent de liberté et de transparence, néanmoins le fait que les institutions restent scotchées dans le passé laissent un boulevard pour les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et autres Natu (Netflix, AirBnB, Tesla, Uber). La fracture s’est créée et ne cesse de s’amplifier. Face à cette rupture, une technologie émerge depuis quelques années. Cette technologie, la blockchain, semble être porteuse d’un nouveau modèle d’organisation et de nombreux espoirs répondant à l’attente de transparence et de confiance. Le sujet suscite une frénésie et un enthousiasme rafraîchissant depuis plusieurs années, cet engouement s’intensifie en 2016. Google Trends s’emballe lorsqu’on l’interroge sur le sujet.

Google trends

Qu’est ce que la blockchain, que trouve t-on derrière ce gros mot, cette technologie ? Mais surtout à quoi peut-elle servir ? En quoi celle-ci impacterait la notion de confiance et pour qui ?
C’est ce que nous allons développer à travers une série d’articles en tentant d’expliquer, de développer, de remettre en cause et de comprendre ce concept en devenir.

La BlockQuoi ?

C’est quoi au juste la blockchain ?

Avant tout la blockchain ou « chaine de bloc » est une promesse, la promesse de pouvoir se faire confiance, sans se rencontrer et sans se connaitre. Cette confiance sera assurée par la technologie blockchain et non plus par un tiers.

Si l’on devait schématiser la blockchain, on pourrait la décrire comme un grand registre comptable, indestructible, accessible à tous où chacune des écritures est anonymes et absolument indélébiles.

Facile non ?

Dans ce grand registre comptable, nous pourrions y laisser une multitude de choses, des engagements, une vente, un paiement, des reconnaissances de dettes qui resteraient valides jusqu’à ce que l’argent soit remboursé et que cela soient confirmé par le receveur.

Mais est-ce sécurisé ? Ne pourrait-on pas écrire sur ce registre en se faisant passer pour quelqu’un d’autre ou même antidater notre écriture ?

Et bien oui extrêmement sécurisé, car nous devons signer, et cette signature est unique et absolument infalsifiable. De plus, nous horodatons l’écriture.

Sous quelle forme se matérialise-t-elle ?

Le principe de la technologie blockchain n’est donc pas si compliqué, maintenant il vous suffit d’imaginer que ce registre comptable se matérialise sous la forme de petit bloc lié les uns aux autres chronologiquement d’où le nom de chaine de bloc. Chaque transaction ou écriture du registre se trouve au sein d’un de ces blocs. Chaque nouvelle écriture / bloc venant se placer au bout de la chaine de manière chronologique. L’ensemble de cette chaine de blocs est accessible par tous à tout instant à travers un ordinateur via le réseau.

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Si nous devions le résumer en une définition :

La blockchain est une base de donnée décentralisée qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de donnée est sécurisée et distribuée sur un réseau.

 

Les origines de la Blockchain : Bitcoin

Le premier exemple de technologie blockchain est la monnaie numérique Bitcoin créée en 2008 par un illustre inconnu, sous le pseudo de Satoshi Nakamoto. Il faut savoir que toute blockchain marche avec un système de jeton à l’image de Bitcoin, le Bitcoin étant le jeton.

Bitcoin est aujourd’hui la crypto-monnaie la plus connu et la plus populaire. C’est un dispositif de paiement libre, rapide, sécurisé et décentralisé qui permet d’envoyer de l’argent à quelqu’un sans passer par une institution financière. Bitcoin est un moyen de paiement, un protocole informatique mais surtout une révolution se basant sur une technologie nouvelle : la blockchain.

Pour posséder des Bitcoin et pouvoir ainsi réaliser une transaction à travers la blockchain, un utilisateur doit posséder un compte Bitcoin que l’on pourrait comparer à un coffre-fort ou même à un compte en banque.

Le détenteur possède une « clé publique » de ce compte qu’il peut transmettre à toute personne voulant lui envoyer des bitcoins, c’est en quelque sorte un RIB. On peut, grâce à celui-ci, envoyer de l’argent mais absolument pas en faire sortir du compte.

D’un autre côté, le détenteur du compte possède une « clé privée », c’est en quelque sorte son code secret pour accéder au coffre/compte. Il est donc primordial de bien protéger cette « clé privée ».

 

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Mais que se passe-t-il lors d’une transaction ?

Imaginons que Sophie souhaite envoyer 10 Bitcoins à Rémi. Pour cela Sophie accède à son compte grâce à sa clé privée et initie la transaction en entrant l’adresse de destination qui est la clé publique de Rémi.

La transaction part sur le réseau blockchain dans ce que l’on appelle un bloc. L’ensemble des machines d’utilisateurs du réseau vont vérifier que la transition est valide, c’est-à-dire vérifier que Sophie n’a pas déjà utilisé ses 10 Bitcoins au sein d’un bloc précédent.

Pour cela, les machines du réseau mettent à disposition leurs puissances de calcul pour assurer la validité de la transaction en résolvant des calculs mathématiques complexes. Ce sont ces calculs qui assurent collectivement l’intégrité et la sécurisation du réseau.

Lorsque la transaction est validée, on dit que le bloc est validé. Les machines ayant participées à la validation du bloc sont rétribuées par une fraction de Bitcoin. On appelle l’action de validation de bloc par les machines : le minage.

Le bloc ainsi validé va venir s’enchainer à l’extrémité de la blockchain et sera horodaté. Les blocs se classent de manière chronologique au sein de la blockchain à laquelle tous les utilisateurs ont accès.

Lorsque le bloc est validé et ajouté à ce grand registre qu’est la blockchain, les 10 Bitcoins transférés par Sophie arrive sur le compte de Rémi.

L’ensemble des transactions effectuées sont donc inscrites dans un grand registre décentralisé (la blockchain) partagé par tous les utilisateurs du réseau et sécurisé pas tous les utilisateurs.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=YQduQf1058I[/youtube]

On estime aujourd’hui la valeur cumulée des Bitcoin en circulation à près de 8 milliard de dollars.

La Blockchain, bien plus que Bitcoin

Nous assistons depuis quelques années à une réelle effervescence autour de cette technologie, mais il n’en fut pas toujours de même. Longtemps décrié et mise à mal par la presse, Bitcoin plus particulièrement fut dénigré et trop souvent associé aux activités illicites du deepweb.

Mais est ce que l’histoire ne se répèterait pas ?

En 1990, alors qu’une poigné de personne en France s’intéresse au protocole TCPIP qui fit la grande révolution numérique que nous connaissons aujourd’hui, une partie des médias firent preuves d’un grand scepticisme et de dédain vis-à-vis de cette technologie. Ne pourrait-on pas faire un parallèle entre le développement du protocole TCPIP et le développement de la blockchain. Là où internet a redonné du pouvoir aux utilisateurs en leur permettant de communiquer à travers le réseau en s’affranchissant des diffuseurs traditionnels, est ce que la blockchain ne leur redonnerait pas du pouvoir en leur permettant des échanges entre pairs, qu’ils soient financiers ou matériels, et ce, sans institutions ou plateformes les chapotant.

Les limites actuelles de cette technologie sont doubles, d’une part techniques car celle-ci demande de puissantes ressources informatiques. D’autre part juridiques car les pays n’ont pas encore développé de cadre légal et les entreprises engageant des projets de blockchain se retrouvent encore souvent dans une zone grise. Toutefois les choses ne sont pas figées, fin avril 2016, nous avons vu les premiers pas de la blockchain dans la loi française, celle-ci y est définit comme « un dispositif d’enregistrement électronique partagé permettant l’authentification d’opérations ».

Depuis la sortie de la blockchain Bitcoin il y a plus de huit années,  une multitude de projet impulsé par les utilisateurs pour les utilisateurs ont émergé pour améliorer l’originelle et ouvrir son utilisation à de nouveaux horizons. Les banques furent les premiers à s’emparer du sujet mais c’est maintenant l’ensemble des pans de l’économie qui s’y intéresse. Les projets d’applications se multiplient et un horizon des possibles s’ouvre à l’image de la blockchain Ethereum. Mais comme synonyme d’avertissement, le projet The DAO de financement décentralisé autonome s’appuyant sur la blockchain Ethereum a été le 17 juin la cible d’un hacker qui a su exploiter une faille remettant ainsi en cause les fondement du projet, de ça pertinence à sa sécurité voulu sans faille. La suite dans nos prochains articles…

[Source]
http://rue89.nouvelobs.com/
https://blockchainfrance.net
http://framablog.org/
https://medium.com/belem-blockchain
vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=YQduQf1058I
https://poulpitablog.files.wordpress.com/2016/05/blockchain-for-all.pdf

DIGITAL

La transformation numérique by 50A

« Serez vous le prochain UBERISÉ ?  » pas un jour sans entendre le buzzword du moment…radio, émissions TV, presse, les médias s’emparent de la problématique et reprennent à tout va ce terme créé par Maurice Levy !

TransformationNumerique_Blog50A

Nous ne sommes pas là pour parler politique ou sociologie, quoique ;). Nous ne sommes pas non plus là pour faire des leçons de morale et considérer nos parents ou anciens pour des vieux cons. Nous sommes là pour vous initier et vous préparer à cette transformation numérique !

Nous souhaitons partager avec vous une vidéo que nous avons réalisée pour l’un de nos clients, et par là même occasion, décrypter ces mutations sociales et technologiques émergentes.

[vimeo]https://vimeo.com/133147302[/vimeo]

 

Comme vous avez pu le voir dans la vidéo nous assistons à l’émergence de nouvelles organisations de travail qui s’appuient sur l’intelligence collective et le travail collaboratif. De nouvelles méthodes de financement et de création fleurissent également.

Aujourd’hui nous privilégions l’usage à  la possession. Les entreprises sont donc amenées à repenser leur fonctionnement en interne (=organisation plus horizontale) et ainsi répondre aux besoins et aux attentes de tous les utilisateurs.

Les méthodes de production et de consommation évoluent également et c’est pour cela que l’on peut parler de 3ème révolution industrielle tout en gardant un regard critique, sans céder à la panique… (Nous vous invitons d’ailleurs à lire l’article de notre druide « Il est l’Or de se transformer »)

Retours sur les différentes notions présentées dans la vidéo

  • Covoiturage : Utilisation conjointe et organisée d’une voiture par plusieurs passagers dans le but d’effectuer un trajet commun.

En 2014 30% des automobilistes ont déjà expérimenté le covoiturage en tant que chauffeur ou passager. Le leader du secteur en France Blablacar aurait atteint 10 million d’utilisateurs en Septembre dernier.

  • Plate-forme d’intermédiation ou Plateforme « on demand » : Plate-forme générique utilisée pour assurer des transactions globales, échanger des documents, des documents EDI avec des partenaires sans devoir investir dans un serveur spécialisé.

IdeXlab a par exemple lancé une plateforme d’intermédiation au service de l’innovation ouverte.

  • Economie Collaborative : Formée par la consommation collaborative, la production distribuée, la finance participative et l’éducation des savoirs ouverts, elle est née grâce à l’innovation numérique et sociale. Le maître mot est : PARTAGER PLUTÔT QUE POSSÉDER.

Cartographie des acteurs

Rendez vous sur le site ShaREvolution collaboration Fing x OuiShare

  • Crowfunding/Financement participatif : Mode de financement de projets par un public. Cela permet de récolter des fonds en vue de financer un projet via des dons, des prêts ou des souscriptions de titres.

En 2014 66 million d’euros ont pu être levés et 1 million de Français ont prêté ou donné des fonds.

De nombreuses plateformes ont vues le jour ces dernières années comme Ulule, Kickstarter, MyMajorCompagny, Kisskissbankbank..

  • Coworking : Espace de travail partagé qui offre aux entrepreneurs et aux indépendants un cadre de travail stimulant qui va leur permettre d’être efficace dans leur travail tout en restant en contact avec d’autres individus dans le même cas qu’eux afin de créer des synergies.

En 2014 nous comptions plus de 10 000 coworkers et 250 espaces de coworking. Les prix varient entre 350€ pour un poste en région parisienne et 225€ en province / mois.

Copass est un réseau mondial permettant de trouver un espace de coworking.

  • Opensource : La philosophie de l’opensource s’articule autour de 4 piliers :

– le droit d’utiliser une création pour quelque usage que ce soit

– le droit d’étudier et de modifier le fonctionnement d’un programme pour l’utiliser différemment

– le droit d’en faire des copies pour un usage commercial ou non

– le droit de redistribuer les changements et les améliorations effectuées

Explication en image c’est plus fun

Quelques exemples de projets et/ou initiatives

OpenSourceEcology est un exemple de ce mouvement visant à créer une plateforme technologique ouverte permettant la production des 50 machines industrielles nécessaires pour construire une petite civilisation avec tout le confort possible.

WikiHouse est un système de construction de maisons en opensource.

OSVehicle ou WikiSpeed, sont des plateformes dédiées à la fabrication de voiture opensource.

OpenDesk est un autre exemple qui lui permet de créer un bureau.

  • Fablabs : Laboratoires ouverts qui permettent à tout individu d’avoir accès à des outils de fabrication numérique afin de concevoir des objets seul ou en collaboration.

En 2014 il y avait plus de 100 Fablabs en France et 350 dans le monde.

Makery est une carte collaborative permettant de trouver un Fablab près de chez vous.


Les grands chiffres des entreprises qui bouleversent l’économie

UberAirbnbBlablacar
- Aujourd'hui Uber représente 41.2 milliards de dollars.

- 8 millions d'utilisateurs

- 250 villes desservies

- 1.2 milliard de dollars levés en juin 2014

- 160 000 taxis

- 1 million de courses quotidiennes
- 800 000 chambres à la location

- 1er acteur mondial de l'immobiler

- 1 200 000 annonces

- 35 millions de voyageurs

- Présent dans plus de 190 pays et plus de 34 000 villes
- 40 millions de chiffres d'affaires

- 19 pays

- 20 millions de membres

- Croissance de 200% par an

(Sources : Creads, Airbnb, Blablacar)


Notre économie actuelle est en pleine phase de transition. L’essentiel n’est pas de s’accaparer le nouveau buzzword, mais bien de décrypter et appréhender ces nouvelles mutations aussi bien sociologiques que technologiques. Les entreprises seront amenées à repenser leur organisation et leur méthode de management, certainement plus horizontales, elles se nourriront de la philosophie de l’opensource, elles ne penseront plus client mais utilisateur.
Rien ne sert de céder à la panique, pas besoin de faire du « sharingbashing »,  il est fondamental de faire preuve de bon sens.
Une chose est sûre, c’est que ne pas bouger c’est certainement disparaître.

COWORKING LAB DIGITAL

Electrolab : le plus grand FabLab industriel d’Europe

 L’Electrolab est l’un des FabLabs historiques de l’Hexagone. Cette association forte de 120 membres a été créée au tout début de l’année 2011, à Nanterre, par quatre ingénieurs passionnés de technique et de technologie. Elle continue de s’agrandir et d’améliorer un lieu où les machines industrielles côtoient les microscopes, fraiseuses, imprimantes 3D et autres chambres à vide. Visite au sein du futur plus grand FabLab d’Europe.

Reportage : Pascal Hérard – Photos : Marie Le Boiteux.

C’est une grande pièce carrelée dans laquelle on débouche, sous un immeuble d’entreprise, après avoir franchi quelques marches et passé une porte de métal contrôlée par un badge RFID. Une table rectangulaire, des étagères bourrées de matériel, une bouilloire fumante et des gens qui discutent : on pourrait se croire dans une sorte de club de bricoleurs sympathiques qui se réuniraient le soir pour s’occuper, avec comme passion commune, la technique. Mauvaise pioche : sous une apparence d’amateurs sympathiques qui s’entassent dans un sous-sol rempli de matériels hétéroclites, se cache en réalité une véritable machine de guerre à innover, inventer, modifier, réparer, échanger, créer… et plus encore pour qui veut en savoir plus.

Une usine à domicile

Le tour industriel

Le tour industriel ou l’usine à domicile

L’accueil à l’Electrolab est très chaleureux. Samuel, Clément et Yannick, trois des membres fondateurs de l’association y sont pour beaucoup. Ils se relayent d’ailleurs chaque mardi soir pour faire visiter ce “lieu de tous les possibles” à qui en a fait la demande. C’est alors, pour le néophyte, la visite d’un musée étrange, empli d’appareils électriques, électroniques, à commandes numériques ou analogiques, de câbles, et de perceuses. Sauf que tout ce qui est là n’est pas là pour être seulement regardé, mais avant toute chose utilisé… ou pas. Notre guide, ce soir-là, est Yannick, peu avare d’explications à chacune de nos questions. Une première salle avec deux énormes monstres d’acier à la peinture verte typiquement industrielle, accolés à une grande cage de verre contenant des câbles et une tête de métal. Yannick pointe du doigt l’un des deux monstres d’acier : Cette machine, c’est une fraiseuse, ça permet de fabriquer des pièces en métal, principalement, par enlèvement de matière.

Fabrication assistée par ordinateur avec la fraiseuse numérique

Fabrication assistée par ordinateur avec la fraiseuse numérique

L’engin doit peser plus de deux tonnes, et aux vues des manettes à l’ancienne qui parsèment son tableau de commande on imagine qu’il n’est pas récent —ce que confirme notre guide : elle est très ancienne, des années 50, elle a été entièrement remise en état par les membres du Lab, comme cette autre machine. Il la désigne du doigt : C’est un tour conventionnel, qui n’est pas piloté par ordinateur, exactement comme la fraiseuse. Il sont à peu près de la même époque. On fabrique aussi des pièces par enlèvements de matière, mais avec le tour, à la différence de la fraiseuse, c’est la pièce qui tourne au lieu que ce soit l’outil qui tourne.  Il y a des miettes de métal encore présentes sur la fraiseuse et le tour, ces machines ne sont pas là juste pour leur esthétique : que font donc les membres de l’Electrolab avec elles ? C’est très varié, on fabrique par exemple des pièces d’adaptation pour des robots. Vous achetez un moteur, une poulie, il faut bien qu’il y ait une pièce d’adaptation entre les deux : vous la fabriquez. Là il y a une cuve à vide, toutes ses pièces d’adaptation ont été tournées en inox avec ces machines. Une cuve à vide ? Oui, il y a plein d’applications avec une cuve à vide, et nous c’est principalement pour faire des dépôts métalliques, métalliser des pièces en plastique par exemple, ou bien pour des miroirs de télescope. Elle a d’ailleurs été conçue pour ça au départ, pour des miroirs de télescope.

FoldaRap

La FoldaRap de l’Electrolab, imprimante 3D pliable conçue par le Français Emmanuel Gilloz.

Quant à la “cage en verre”, en s’approchant un peu plus, on remarque qu’un ordinateur portable y est raccordé. Yannick en donne la raison : C’est une fraiseuse à commande numérique, pilotée par ordinateur. On dessine sa pièce avec un logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur, NDLR), on a un plan, et à partir de ce plan on va faire de la FAO, de la fabrication assistée par ordinateur, avec un logiciel qui calcule les trajectoires de l’outil pour réaliser la pièce, par enlèvement de matière. Cette machine est très précise, on l’utilise beaucoup pour tout ce qui touche à l’électronique.

L’Electrolab utilise donc des machines industrielles pour réaliser des prototypes, comme tout FabLab qui se respecte. Cette capacité technique de haut niveau, normalement réservée aux usines, est à la portée des membres de l’association.

Foreuse inversée pour cartes électroniques

Foreuse inversée pour cartes électroniques

Chacun peut demander à être formé par un membre en mesure de le faire, pour apprendre à utiliser ces machines industrielles. Un système de badges RFID — créé par le Lab — autorise ou non la mise en route de chaque machine en fonction du degré de formation des membres. Les imprimantes 3D ou RepRap sont présentes et utilisées là où elles peuvent apporter un bénéfice que les machines industrielles n’ont pas, mais ne sont pas le cœur technique et technologique de l’Electrolab, à l’inverse d’autres espaces similaires.

Projets individuels, collectifs, et incubation d’entreprises

Perçage d’une carte électronique avec la foreuse

Perçage d’une carte électronique avec la foreuse

Au-delà de la salle centrale de type “hackerspace”, de la salle aux machines industrielles, l’Electrolab possède aussi un espace dédié à l’électronique, bourré d’appareils permettant de réaliser les projets les plus variés de ses membres. Il y a aussi un espace chimie — à accès limité — où l’on peut aussi utiliser une machine très pratique pour ceux qui veulent créer des circuits imprimés : une perceuse inversée.  Cette machine permet de percer très précisément des cartes pour tous les projets à base d’électronique. On peut créer nos cartes électroniques pour installer nos propres composants dessus explique Yannick, qui surenchérit : Il va y avoir une salle blanche et une salle grise avec l’extension des nouveaux locaux. Cela permettra de faire toutes sortes de manipulations de physique fondamentale, mais aussi de réaliser toutes sortes de process industriels, notamment dans le domaine de la micro- électronique, pour fabriquer par exemple des circuits intégrés.

Welcome to Electrolab V2 : 1500 m2 d’espace technique, convivial et collaboration

Welcome to Electrolab V2 : 1500 m2 d’espace technique, convivial et collaboration

Un FabLab en mesure de créer des circuits intégrés ? Le challenge laisse songeur, mais l’Electrolab, comme pour chacune de ses avancées, s’organise, travaille et expérimente : L’idée de la salle blanche est d’avoir un espace exempt de toute poussière, ce qui est nécessaire pour beaucoup d’opérations où l’on manipule des tous petits composants, ou encore dans l’utilisation de la cuve à vide pour les miroirs de télescope. Mais tenter, de manière expérimentale, en amateur, en récupérant des choses de droite à gauche, de créer nos propres circuits intégrés, c’est une démarche qu’on veut avoir. Ce type d’espace peut aussi permettre de réparer des instruments de mesure, un disque dur, comme un objectif d’appareil photo.

Salle électronique

Un coin de la salle électronique de l’Electrolab V 1.0

Les projets sont au cœur du FabLab, et ils ne manquent pas. Chaque membre en a plusieurs, individuels ou collectifs, ce qui représente des centaines de projets en cours de réalisation. Mais le projet principal qui occupe l’attention de tous et mobilise tous les week-ends est la version 2.0 de l’espace actuel. Un espace entièrement conçu, construit par ses membres, de la décontamination du sol, imprégné d’encres industrielles, câblage électrique, de la plomberie, carrelages, à la pose des moquettes : le principe du “DiY” (Do It Yourself, “faire par soi-même”), cher aux FabLabs est ici la règle depuis le départ. Avec l’extension des locaux actuels de 150 mètres carrés à 1500, l’Electrolab entre dans une nouvelle ère : espace convivial avec bar, salles de formations, espace de coworking, incubateur d’entreprises, salles dédiées à la la découpe laser, etc.

Yannick exprime cette avancée par la pression des membres qui sont de plus en plus demandeurs de nouvelles possibilités, et toujours prêts à venir travailler pour améliorer et agrandir le lieu. On commence à avoir trop de monde avec l’espace actuel, et les membres veulent plus, alors on fait. Au sujet de l’incubateur de startups, l’idée est simple : On s’est rendu compte que des membres se rencontraient ici, avec des idées et des compétences complémentaires, et qu’ils pouvaient avoir envie de monter leur entreprise. C’est en cours avec un projet hyper innovant et unique en Europe. Donc nous allons offrir un espace payant aux entreprises qui veulent se constituer, avec toutes les facilités qu’offre le FabLab pour pouvoir réaliser leurs prototypes.

Innovation, espace social, recherche et développement

La fraiseuse à commande numérique : un engin de plus de trois tonnes cinq...

La fraiseuse à commande numérique : un engin de plus de trois tonnes cinq…

L’Electrolab est un FabLab (ou HackLab comme préfèrent le nommer ses concepteurs d’origine) hors normes par plein d’aspects : résolument axé sur le relationnel, le social, il se refuse à tout rapport marchand avec le public. Le principe d’origine des FabLabs y est appliqué à la lettre : le savoir s’échange et ne se monnaye pas, les machines, le matériel sont en accès libre et gratuit, les freins à la réalisation des projets n’existent pas dans la limite de leur faisabilité, chaque membre faisant appel à d’autres en cas de blocage ou de trop grandes difficultés. Cette orientation sociale et associative n’enlève rien au caractère innovant de l’espace, au lien fort avec la recherche et le dévelop-pement nécessaires aux entreprises, mis en avant dans la nouvelle version du lieu : les deux cohabitent et se nourrissent mutuellement, avec la même optique qui est celle de pouvoir inventer, imaginer et fabriquer ce qui est normalement réservé aux industriels.

Yannick, guide d?un soir, et l?un des quatre membres fondateurs de l?Electrolab

Yannick, guide d’un soir, et l’un des quatre membres fondateurs de l?Electrolab

Nous, les membres fondateurs de l’Electrolab, sommes tous à l’origine des cadres de l’industrie. Et l’on avait le même constat : quelque chose n’allait pas dans ce qu’on faisait la journée au sein de nos entreprises. Un sentiment de désindustrialisation, de perte de savoir-faire. Avec une envie de transfert de savoir importante. Donc c’est à travers cette envie qu’on a voulu faire un lieu où l’on pourrait apprendre à faire les choses et apprendre les uns des autres résume Yannick lorsqu’on le questionne sur les motivations à créer l’Electrolab. S’ils refusent l’appellation FabLab, alors qu’ils sont pourtant un vrai laboratoire de Fabrique d’objets, c’est parce que les noms des choses ont un sens, et qu’avec cette étiquette les gens pourraient se dire “ah oui, les FabLabs j’en ai déjà vu, et l’Electrolab, c’est pareil “, alors que notre vocation ce n’est pas forcément de fabriquer des choses en premier, mais avant tout la transmission libre et non marchande dans le domaine des sciences et des techniques.

La cuve à vide de l'Electrolab

La cuve à vide de l’Electrolab

C’est avec cette orientation de transmission de savoir et de savoir- faire que les possibilités offertes au sein l’Electrolab sont en réalité bien plus importantes que dans de nombreux lieux qui s’intitulent FabLabs. Il faut dire que la transmission en question requiert des engins et des techniques pointues : tous les FabLabs ne remettent pas en état des fraiseuses à commande numérique de 3 tonnes cinq ou des découpeuses laser de 20 000 watts électriques et 1200 watts optiques…

L’Electrolab est certainement le FabLab le plus dynamique de France et le plus équipé sur le plan industriel. Il va certainement devenir le plus grand d’Europe, une fois les aménagements de la version 2.0 effectués. Avec comme seuls moyens, de l’huile de coude et les dons des membres : les mouvements Maker et Do It Yourself français ont là un véritable acteur qui risque de compter dans les années à venir… si ce n’est déjà fait.

Electrolab : fiche signalétique

  • Localisation : Nanterre
  • Superficie du FabLab : 150 m2, extension en cours à 1500 m2
  • Forme juridique : association
  • Ancienneté : janvier 2011
  • Nombre de participants : 120 adhérents – 400 membres, plus de 100 visiteurs extérieurs par mois
  • Financement : participatif
ARCHITECTURE SOCIALE COWORKING LAB

RuralLab : le FabLab campagnard des bricoleurs 2.0

Le RuralLab de Néons sur Creuse est une nouvelle forme très originale de FabLab français. Son instigateur et animateur phare est une star internet du “casual hacking” (détournement et bidouillage des objets du quotidien), Olivier Chambon, célèbre pour ses vidéos de bricolage délirantes diffusées sur le site “La Grotte du Barbu”. Visite au sein du premier FabLab rural déterminé à faire société autour du Do It Yourself, de la technologie et du bricolage.

Reportage : Pascal Hérard – Photos : Marie Le Boiteux

Lorsqu’on arrive au bout de la rue principale de Néons sur Creuse, petit village de 400 âmes, on ne peut pas rater le bâtiment face au jardin public, avec ses portes vitrées bardées d’autocollants qui annoncent directement la couleur : découvrir, jouer, apprendre, fabriquer, innover. La mairie a prêté cet ancien café communal à l’association RuralLab, créée en juillet 2013. La bande de joyeux drilles férus de réparation d’objets, de technologie et d’inventions en tout genre a donc monté son “FabLab rural” dans cet espace municipal, sous l’impulsion d’Olivier Chambon, plus connu sous le pseudonyme de Babozor, du site internet “la Grotte du Barbu”. Le personnage est égal à celui qui apparaît dans les dizaines de vidéos diffusées sur le site de “casual hacking” : débonnaire, sympathique, rigolard mais très très engagé dans ce qu’il fait.

Espace convivial et Wifi ouvert

Babozor et Jason

Olivier Chambon “Babozor” et Jason “Prototux” : les rural-makers du RuralLab de Néon sur Creuse (de gauche à droite)

Babozor nous accueille accompagné de son fidèle comparse, Jason (dit Prototux), jeune homme passionné d’électronique et d’informatique. La salle centrale du RuralLab comporte un bar, trois ordinateurs sous Gnu/Linux raccordés à une imprimante et au net, un canapé avec une console de jeux, une grande étagère de livre et de boites de jeux, des tables mises bout-à-bout entourées de chaises. Mais comment fonctionne donc le lieu ? Ici, dans l’espace central, en gros, le principe c’est qu’on a une méta-table, mais on va se construire une vraie table. Donc, tu bosses, tu bidouilles, et vu qu’il y a plein de projets différents, le but c’est que le gens s’assoient les uns à côté des autres et échangent explique Olivier.

RuralLabL’une des plus récentes actions du RuralLab, qui a ouvert ses portes seulement en décembre 2013, a été d’offrir son accès Wifi au village : On a la moitié de Néons sur Creuse qui est couverte par notre Wifi en accès libre, je ne sais pas encore si les gens l’utilisent, on n’a pas pris le temps de faire des stats, mais je sais que le maire, ça lui a plu!. On comprend très bien le contentement du maire…

RuralLab 6

Récupération à tous les étages

La suite de la visite de l’espace convivial du RuralLab par Babozor permet de mieux appréhender l’orientation de ce “FabLab des campagnes” : Là on a l’espace “Lounge” avec un vieux canapé récupéré et des consoles, Gamecube, Nes, etc, et puis il y a aussi des jeux de société, des bouquins sur les makers, et des outils, tout ce qu’on utilise un peu tout le temps. Au bout de la salle, le bar, et derrière, une petite salle couverte de rayonnages qui montent jusqu’au plafond, remplis d’appareils de toutes sortes. Babozor s’amuse en décrivant les dizaines de boites de cables réseaux, lecteurs DVD, et autres alimentations rangés à la verticale : l’idée c’est que les gens ramènent ce qu’ils ont, et nous on démonte, on trie, on classe, et si après quelqu’un a besoin de quelque chose, il vient et il prend. Il y a des imprimantes, comme des câbles réseaux, et quand on ne peut pas réparer, tout ce qui est plastique et électronique, on met de côté, le métal, on le file à la déchetterie ou on le revend. Un accès totalement libre au matériel n’inquiète pas Olivier : si on voit qu’il y a des abus et qu’on se fait piller le matériel, on le mettra payant, ça calmera, mais pour l’instant, tout va bien, donc il n’y a pas de raison.

Au sous-sol, la grotte-FabLab

RuralLab 5Le RuralLab est un FabLab : comme tout FabLab il ne peut se passer de machines et d’un espace de fabrication d’objets. C’est après avoir emprunté un escalier de béton en colimaçon, que l’on débouche dans une grande cave qui sert à la fois d’atelier et de salle serveurs. Là c’est l’atelier de sérigraphie pour faire des teeshirt, des affiches, tout a été fait maison. Il y aussi un projet de broyeuse de plastique. Aujourd’hui il y a soit des micro-broyeuses, soit des broyeuses industrielles, mais rien entre les deux. On pourra mettre par exemple une caisse d’imprimante dedans et récupérer des copeaux de plastique pour faire ce qu’on veut avec ensuite explique Olivier Chambon. La salle est longue d’une quinzaine de mètres et bourrée de matériel tant informatique que mécanique. Certains appareils ne ressemblent à rien de connu, et Babozor-Olivier Chambon s’en amuse : On est en train de faire un partenariat avec une radio locale, on a récupéré un émetteur FM, et là, l’armoire câblée, c’est du matériel récupéré chez France Inter. La cave est en cours d’aménagement et si du matériel manque encore, il y a déjà plusieurs machines en place : scie électrique, perceuse, ordinateurs, marteaux, tournevis, en réalité tout ce qui peut servir à la fabrication d’objets.

Perceuse à commande manuelle

Perceuse à commande manuelle

Le RuralLab a ses propres serveurs informatiques, dns, web, mail, netboot et a débuté la mise en place d’un labo d’électronique. Babozor attend avec impatience l’a possibilité d’investir dans des machines à commandes numériques : découpeuse laser et imprimante 3D. En attendant, la grotte du Barbu a été déplacée dans la zone de gros bricolage, une deuxième pièce au fond de la cave, avec aujourd’hui un lave-vaisselle qui attend d’être désossé pour que ses entrailles soient ouvertes et des pièces récupérées pour créer…autre chose. Il y a de quoi souder, couper, démonter, tordre, détordre tout ce qu’il faut quand on a besoin de faire des trucs un peu bourrins qui demandent du lourd, explique Olivier dans un grand sourire jovial.

Le RuralLab : répondre aux besoin de tous

Les deux co-fondateurs n’arrêtent pas un instant depuis l’ouverture du RuralLab. Sur la mise en place et le fonctionnement, Olivier raconte : 98% a été fait avec de la récup, le reste venait de chez nous, Jason et moi. On est ouvert sept jours par semaine, alors qu’on est censé être fermé le lundi, mais si tu veux que les gens viennent, il faut être ouvert.

Atelier de bricolage en cours de constitution

Atelier de bricolage en cours de constitution

Le concept du RuralLab est basé sur un constat central, que traduit simplement Babozor : On répond aux besoins, et les besoins aujourd’hui à 80% c’est réparer son ordi, envoyer des mails, apprendre à utiliser l’informatique. C’est pour ça qu’on fait des ateliers super pratiques basés sur les usages. Le but c’est que les gens viennent, reviennent, et ensuite de toute façon il y aura un pourcentage qui aura envie de faire des projets un peu bizarres et qui profitera du reste du matériel. Il y aussi des entreprises qui vont avoir besoin de ce genre de structures un peu spéciales, mais pour ça il faut qu’ils voient des trucs un peu nouveaux comme les découpeuses laser, les imprimantes 3D, et qu’ils voient ce qu’on fait avec.

L'espace gestion des serveurs du FabLab

L’espace gestion des serveurs du FabLab

Les ateliers hebdomadaires du RuralLab sont là pour offrir aux membres de l’association la possibilité d’apprendre, échanger autour d’un thème précis : couture, initiation à l’informatique, réparation de jouets, utiliser une imprimante, vendre sur Internet, etc… L’engouement est là, puisque l’association est forte de 100 adhérents pour une commune de 400 habitants ! Olivier Chambon explique ce succès par cette approche pragmatique basée sur les besoins réels, en opposition avec d’autres FabLabs qui ont déjà une population d’élèves designers, ou une majorité de gens experts qui savent utiliser les outils. Par exemple, ici, si personne n’utilise l’atelier sérigraphie, on le met de côté et on met autre chose à la place, on est en adaptation permanente en fonction des besoins des gens. Ca peut être apprendre à bien utiliser son téléphone portable comme un ordinateur ou un appareil photo, trouver des solutions logicielles adaptées.

Un espace social autour de la technique…

RuralLab

Le RuralLab apporte de nombreuses innovations par son approche originale du concept de FabLab. La principale est de se placer comme une structure totalement ouverte au sein d’un village, structure qui permet un échange social transgénérationnel autour de la technique et de la technologie. A ce sujet, Babozor est engagé et revendique cet aspect : Les gens ont besoin d’apprendre à utiliser des techniques, et ils n’ont pas ici comme à Paris le dernier cri des machines en informatique, et puis surtout ça fonctionne dans les deux sens : il y a eu un atelier couture il y a peu de temps, et moi par exemple, je n’y connaissais rien. Il y a une femme qui est venue avec une surjeteuse, je ne savais pas ce que c’était. J’ai adoré ! Au point qu’une vidéo de la Grotte du Barbu a suivi, sur la création d’un sac à partir d’une récupération. Avec Babozor aux manettes d’une machine à coudre.

Pendant qu’il nous parle, Olivier Chambon s’est installé derrière le bar et confectionne une pizza. Il la met dans un four et continue : Le but, c’est qu’à la fin, le RuralLab ce soit une plateforme, avec des compétences, des espaces, du matériel. Les gens viennent, se rencontrent, s’arrangent, se parlent, et font des projets ensemble. C’est ça qui nous intéresse, et aussi de tout démystifier. Pas seulement l’informatique. Pour moi, c’était de démystifier une machine à coudre, mais ça peut être une voiture.

Une part de pizza toute chaude est déposée devant nous : au RuralLab, on fait et on partage. Il est possible d’imaginer que si des villages français s’inspiraient de ce modèle, de nombreuses innovations pourraient voir le jour, ainsi qu’un renouveau des échanges sociaux. Ses fondateurs sont en tout cas optimistes, le lieu s’améliore, les gens affluent. Il ne manque qu’une chose au RuralLab pour s’assurer une longue vie de “casual hacking” : un peu plus de financement…

RuralLab : fiche signalétique

  • Localisation : Néons sur Creuse
  • Superficie du FabLab : environ 150 M2
  • Forme juridique : association
  • Ancienneté : juillet 2013
  • Nombre de participants : 100 adhérents – 150 visiteurs par mois Financement : participatif
ARCHITECTURE SOCIALE

L’économie collaborative à la fête !

Demain et jusqu’au 8 mai, s’ouvre à Paris un véritable festival de la consommation collaborative. Au programme, un documentaire-action sur Canal+ sur le Partage Global, un village dédié à la Foire de Paris et OuiShare Fest un rassemblement de 3 jours des acteurs avec un objectif : faire connaître et promouvoir auprès du grand public un ensemble de pratiques fondées sur l’horizontalité d’échanges en réseaux stimulés par le développement des communautés en ligne.
Voitures, machines à laver, appartements, potagers, temps, connaissance et savoir-faire… désormais tout se deale dans la joie et la bonne humeur. La principale promesse : compenser un pouvoir d’achat déclinant par un surcroit de qualité de vie apporté par de nouveaux modes de consommation inspirés de nos pratiques numériques.

Dans ce contexte de crise, l’économie collaborative nous promet de revisiter la consommation et la production. Souvenez-vous : les valeurs et principes sous-jacents avaient été écrits par Jeremy Rifkin en 2000 dans son ouvrage « l’âge de l’accès » :

Les marchés laissent la place aux réseaux, les biens aux services, les vendeurs aux prestataires. Le capitalisme mute vers la valeur d’usage.

En 2014 c’est indéniable nous y sommes. L’adhésion est au rendez-vous : 83 % des Français d’après l’Obsoco (Observatoire société et consommation = http://www.lobsoco.com/) approuvent l’idée qu’ »aujourd’hui, l’important c’est de pouvoir utiliser un produit plus que de le posséder ».

L’accès prend le pas sur la propriété pour stimuler des échanges marchands ou non marchands qui s’opèrent avec un nombre limité d’intermédiaires. Et que ce soit en ligne ou sur des espaces de partage dans la vraie vie comme les espaces de coworking, fablabs et autres « centrifugeuses humaines » qui s’inventent au jour le jour.

Source Fing - 2014 - La cartographie des freins et motivations de la consommation collaborative

Source Fing – 2014 – La cartographie des freins et motivations de la consommation collaborative

Mais attention : derrière ce vocable de l’économie collaborative se niche la bulle de la « Sharing Economy« . Un terme apparu dans la Silicon Valley pour désigner un business de plateformes et d’intermédiaires proposant aux internautes de commercialiser leurs biens ou services contre rémunération. Des plates-formes héritées du web 2.0, tractant des audiences et communautés, instaurant la confiance et facilitant les mises en relation et échange contre des commissions.
Les premiers chiffres US démontrent l’enthousiasme des investisseurs et l’adoption de ces pratiques se rapprochant de la bulle du Web 2.0. Airbn’b entre dans le club très fermé des start-up valorisées à plus de 10 milliards USD !
Si le sujet vous intéresse, retrouvons-nous sur ces événements pour vivre, échanger et nous inspirer de cette nouvelle génération d’entrepreneurs et auteurs qui nous promettent créativité et innovation pour réenchanter la consommation.

ARCHITECTURE SOCIALE COWORKING LAB EVENEMENTIEL LES CONTRIBUTIONS

Economie Positive = We Demain + 50A et vous ?

Lorsque Nicolas m’a demandé d’aller dans les locaux de We Demain pour rencontrer François Siegel, je n’étais pas très confiante, n’étant pas journaliste !  Mais 50A m’a fait confiance, et m’a donné les moyens de réaliser cette mission en restant sereine. Belle expérience, et une très belle rencontre.

50A et We Demain veulent faire émerger des idées mais aussi créer une communauté fidèle. Nous avons cette volonté de faire, en nous. Mais souvent, nous voulons bien faire, mais nous ne faisons jamais rien…
Avec la culture du « Home Made », le développement du « Home Brand », du « Home Business » ou encore les « Home Studio » dans l’audiovisuel , la production devient abordable. 50A souhaite partager cette philosophie du pas vite et pas cher, pour agir mieux ensemble.

François Siegel a eu l’idée de créer We Demain suite aux changements dans notre société. L’idée est survenue lors de la crise de 2008 : en plus des actions de ceux qui s’engagent pour les autres, c’est toute notre société qui change : notre façon de penser, de consommer, nos rapports à l’énergie et à l’économie …
Désirant raconter cette révolution à laquelle on assiste, il a acquis au fur et à mesure de la matière pour réaliser un magazine complet : We Demain.
Le métier de la presse, selon François Siegel, se doit de raconter et de  sentir les changements d’époque. Au départ, d’un site internet créé par leurs propres moyens, We Demain s’est muté en magazine.
François Siegel a réussi son pari. We Demain est parvenu à exister dans la communauté des gens qui sont et font le monde de demain : des ONG en passant par les entreprises et les grands salons internationaux. Avec très peu de moyens publicitaires, en existant sur les réseaux sociaux et grâce à son site, We Demain attire un public divers et varié.
Les contenus des magazines naissent d’un travail collaboratif de plusieurs journalistes qui proposent des articles répondant aux problématiques de We Demain.

 

 

 

En plus d’être un raconteur d’histoires et de changements, We Demain doit se positionner lui-même en tant qu’acteur du changement. C’est le sens du Manifeste, signé par différents acteurs du changement. Une belle idée collective qui interpelle les médias publics : une nouvelle économie arrive, soyez attentifs et prenez en conscience.
Malheureusement en France, nous sommes dans un pouvoir pyramidal et centralisé au niveau de l’État, des grands groupes gravitent autour de l’État, ne lâchent pas la pression (énergie, nucléaire …) et ont du mal à admettre la réalité. Contrairement à d’autres pays, comme l’Allemagne, avec les sociétés décentralisées où il y a plus d’argent en régions et qui permettent plus d’initiatives.
En France, nous vivons dans le passé, mais le monde change et évolue, les consciences aussi, il faut arrêter de s’accrocher sur ce qu’a fait le XXème siècle mais voir ce que l’on peut faire au XXIème siècle. Alors oui, notre pays est en crise mais le changement d’époque est bien là, il faut maintenant et rapidement le mettre en pratique.

 

Pourquoi avons-nous décidé de nous rapprocher de We Demain ?
C’est bien simple, notre galaxie est liée à l’intelligence collective et We Demain embarque cette thématique pour créer le futur de demain. Barcamp, Atelier Distill, Brainstorming, déplacement en Tunisie en plein Printemps Arabe pour comprendre l’usage de réseaux sociaux, l’Auberge – sas de décompression pour créatif, 50A est sur tous les fronts pour renforcer l’idée de partage et d’échanges entre les personnes qui participent au monde de demain. 50A, c’est de l’entreprenariat positif comme le souligne We Demain. La troisième révolution que nous vivons nous amène à revoir nos manières de travailler et de concevoir. Alors pour avancer, rien de mieux que le « bottom up » : que chacun s’unisse pour travailler ensemble et que l’initiative individuelle se répercute sur le collectif !

Basé sur des valeurs proches de l’économie positive, 50A et We Demain veulent donner un sens au monde de demain. Promouvoir une économie au service de l’homme, en prenant conscience des limites du système actuel dont notre individualisme. L’économie positive c’est une manière de faire du business avec des gens qui partagent les mêmes idées et les mêmes valeurs : « faire du business en s’amusant ». Il faut se décomplexer : je peux conduire un 4×4 mais ce 4×4 est hybride, je suis pour sauver la planète et faire du business mais agir avec des gens qui pensent comme moi. Mes croyances ne sont pas incompatibles avec le monde dans lequel je vis.
Mais pour faire émerger cette économie, nous avons besoin du digital, et plus particulièrement d’une neutralité du net. Pour François Siegel « 50A est un ovni ». Pour lui, l’agence peut être un vaisseau pilote pour guider un développement commun.

Comme le BarCamp, actuellement en prévision : « 50A peut être un avion de notre galaxie qui maîtrise ces nouveaux réflexes vis-à-vis du net basés sur une économie collaborative et où l’on trouve des solutions ensembles ». Il faut se réapproprier les données (cf. MyDataLabs). Mais comment ? Pourquoi pas les solutions proposées par IndieWeb. Surfer sur l’économie positive, c’est surfer sur la vie positive. Un autre monde est possible et est en marche.

Rendez-vous sur We Demain

Rédigé à plusieurs mains :
Alice
Nicolas
François Siegel

Laure Coenca

ARCHITECTURE SOCIALE DIGITAL

La Fin du Web

Votre fidèle druide digital vous dévoile ses convictions pour 2013, celles ci s’articuleront autour de 4 billets :
  • Internet : construire ou déconstruire ?
  • Comment aider la politique qui n’existe plus ?
  • Faut il attaquer les entreprises pour faire prendre conscience du capital social ?
  • Peut on faire confiance aux nouvelles générations et à l’accès massif à l’éducation ?

 

Construire et déconstruire, voici le premier volet de 4 billets que je vais vous proposer.

Pour ce premier volet de notre dossier, je vais m’attarder sur l’internet car c’est un sujet que je maîtrise. De plus ce sujet est tellement transversal qu’il permet d’aborder plusieurs thématiques.

Le web artisanal de la bidouille de l’entraide est en train de mourir.

Le web se professionnalise et l’expérience des 15 dernières années sera je pense dans l’histoire un fait marquant, une époque unique, un peu comme les Lumières…

Nous nous rappellerons de cette époque comme un souffle de vie où toutes les croyances, tous les modèles, ou tout pouvait être possible car l’Internet ou l’open way avait la capacité de transformer des sociétés, des produits, de changer les mentalités…

Dans la vie en général nous observons souvent ce phénomène d’aller retour entre création et destruction, en psychologie on parle de création de l’identité / de la personnalité.

Le contexte dans lequel nous vivons : l’immédiateté (la minute est devenue l’étalon de la valeur de l’information), l’hyper-connexion (nous nous lèvons en regardant son Facebook, nous travaillons dans le train), l’hyper organisation (la méthode est reine et les outils pour cela nombreux), l’hyper-performance (la concurrence est dure), l’hyper-famille (nous faisons plus de 2 enfants en moyenne), l’hyper-célébrité (tout le monde veut sa minute de gloire)… font de nous des hyper-actifs connectés à Internet et nourris aux OGM.

Les « Friends Strangers »

Le contexte nous isole mais nous amène une nouvelle typologie d’amis, « les friendly strangers »

Milgram parle des étrangers familiers (familiar strangers), ces gens que vous rencontrez tous les jours en allant au travail, à vos loisirs…

Ces personnes vous les croisez tous les jours dans la vie réelle et pourtant vous ne leurs parlerez peut être jamais. La probabilité de rentrer en contact avec eux sera démultipliée si vous les croisez hors de ce périmètre familier.

Sur le web et les réseaux sociaux c’est l’opposé, vous pouvez discuter toute la journée avec des amis étrangers (friends strangers c’est mon concept :).

 

Les réseaux sociaux donnent une impression d’avoir un entourage de plus en plus familier.

« Sur les réseaux sociaux on a pas de vie privée mais une vie sociale »

Des nouveaux types de relation émergent, il y a certainement une réelle amitié entre 2 amis facebook qui ne ce sont jamais vus ou entre 2 personnes qui se suivent, se « follow » sur twitter.

Effectivement ils ont accès à l’ensemble de leurs vies sociales « privées » sur facebook, à leurs cerveaux via twitter et à leurs géolocalisations via foursquare et bientôt notre iPlace.

 

Nous sommes donc vraiment ami, d’ailleurs ça m’arrive souvent de dire « lui je le connais bien », alors que je ne l’ai jamais vu !

 

Nous devons accepter cette révolution de l’amitié tout en faisant attention de ne pas oublier ses amis réels, je me rappelle d’ailleurs d’un statut facebook de Loïc Lemeur « mes amis qui ne sont pas sur les réseaux sociaux je ne les vois plus ».

Comme pour le familiar stranger, ces amis virtuels (« friends strangers ») deviennent des connaissances réelles quand vous les rencontrer hors des medias sociaux voire dans la vie réelle. Voire plus quand nous voyons le pourcentage de couple créé grâce à Internet.

Dans ce cas Internet nous fait muter mais permet de construire de nouvelles relations et d’accéder à de nouveaux amis.

 

Les vices cachés : Overdose de publicité et d’informations, starification & communautarisme

L’Internet est phagocyté par la publicité, les novices surfent sur une toile publicitaire.

Ces autoroutes à destination du grand public sont maintenant achevées et l’internaute moyen se déplace au grès des vents promotionnels et des territoires acquis par les marques.

Cet Internet est cautionné et soutenu par des community manager outsourcés que nous appelons aussi les publi-blogueurs. Leur job est de servir au mieux l’ensemble des marques, oui je dis bien l’ensemble car il ne sont pas à l’abri d’être invité à un raout imprévu.

Le web permet à n’importe qui de devenir quelqu’un, c’est devenu la voie royale des ratés de la gloire et de la célébrité. Un individu / une entité qui devient une machine au service d’une co-production publicitaire.

D’autres les combattent pour sauver le net et promouvoir la pureté, l’internet plus blanc que blanc… mais est ce vraiment par conviction ? Ne serait ce pas pour récupérer un peu de part d’audience ?

La plupart des journalistes n’ont plus le temps de faire du fond et malheureusement ils sont facilement influençables, au gré des retweets sans toujours vérifier l’information…

Les acteurs publics qui labellisent, subventionnent et fédèrent les communautés du digital et de l’open innovation jouent leur rôle d’évangélisateur. Par contre il m’a fallu 7 ans pour comprendre leur fonction et le à quoi il me/nous serve ?

Leur mission consiste à aider et faciliter le réseautage et aussi à nous transporter dans l’écosystème de l’innovation.

En revanche la gangrène du communautarisme affaiblit indéniablement la portée des bonnes intentions et il faut reconnaître que ce milieu est un peu « co sanguin ».
La création d’un microcosme (j’avoue en faire partie) enferme les gens, nous aurions rêvé organiser la rencontre d’un hacker avec un patron du CAC40. Heureusement il n’est pas encore trop tard pour confronter leurs univers.

La réalité c’est que toute cette communauté est concurrente elle vend et propose le même consulting, les mêmes prestations digitales, les mêmes formations…

Donc même si tout le monde se fait des grands sourires, nous gardons tous un couteau dans la poche pour le planter virtuellement dans la vie réelle.

Pire que le communautarisme, il existe des mafias que nous pouvons définir par « un comportement de la société sicilienne couramment admis et convenu à l’époque » changeons sicilienne par digitale. J’appelle mafia des cercles fermés qui sont là pour verrouiller l’influence et le business au détriment de l’ouverture et de la mixité. La mafia digitale et les egocentriques en mal de célébrité font malheureusement le web grand public d’aujourd’hui.

Nous assistons à l’émergence d’une pensée plate, « mainstream » et gentiment moralisatrice, nous pourrions appeler cela les catho 2.0, le sang bleu 2.0, le parisianisme digital !

Heureusement il existe les Barcamp, d’ailleurs 50A vous donne RDV en avril pour l’ereputationcamp4.

 

L’espoir de l’open innovation

Même si certains affirment que les créatifs sont en voie d’extinction, nous devons impérativement préserver la créativité et l’innovation pour que celles-ci ne soient pas mises à l’écart. Restons éveillés pour propulser des îlots propagateurs et créateurs d’intelligence. Pour cela, l’existence de saas de décompression est incontournable !

Oui la créativité est entrain d’exploser car le contexte du changement est passionnant.
Les créatifs cherchent, farfouillent, bidouillent jour et nuit dans ce terrain de jeu sans limite. Le courant de l’open innovation se base sur des valeurs fortes, do it yourself, up cycling, partage et force de l’intelligence collective.

De plus en plus d’idées issues de ce mouvement voient le jour et deviennent des usages grand publics. Le covoiturage est en plein essor ma belle mère et ma cousine de 18 ans pratiquent, si je n’occupe pas mon appartement je le loue via Airbnb que je sois propriétaire ou non.

 

Tous ces nouveaux modèles montrent que les mentalités changent peut être un peu grâce à la crise mais il me semble surtout que les individus souhaitent se reconnecter à la vie réelle via la vie virtuelle.

 

Le travail et l’influence des réseaux anonymes

Les liens tissés par la toile n’ont jamais été aussi forts, l’émergence des réseaux anonymes apporte une notion de contre pouvoir invisible. Les attaques groupées contre les pays qui coupent Internet (car pour les dictatures et les pays en guerre Internet est la seule ouverture vers l’extérieur pour relater, combattre et s’opposer). Les Anonymous, Telecomix sont garants d’une parole, d’une manière de faire qui garantit l’indépendance technique des supports.

 

Car à première vue, vous ne vous en doutiez pas mais la France est surveillée, c’est une spécificité en Europe ! Je vous invite à lire cet excellent article sur la Cyber Censure.

 

Pendant que d’autres acteurs comme Google « pseudo milite » pour un monde libre et ouvert (face à leur position hégémonique, nous pouvons effectivement tempérer les réelles motivations de cette démarche).

 

 

Oui des sociétés cherchent à fliquer toutes nos actions, on peut dire que tant que tout va bien c’est dérangeant mais si le système change cela devient catastrophique.

Pourquoi la France ? parce que nous sommes les meilleurs dans la fabrication de ce genre d’outils…

Que peut on dire de tout ça ? Qu’il faut déconstruire pour construire ou/et vice versa ? Que l’équilibre du chaos est roi ? Que l’Internet original est mort ? Que l’ancien modèle a enfin réussi à s’emparer de l’Internet ?

Peut on parler de fin du web ? oui le web que nous avons connu n’existe plus ! Le tout gratuit connaît ses limites…

Le nouveau web alors c’est quoi ?
Et bien c’est celui que nous ferons, car le web c’est la somme des bonnes volontés soustraite de la somme des mauvaises volontés.

Oui, aussi simple que ça !

Ce qui est rassurant c’est que des modèles économiques rentables avec des fondements liés à la perform-intelligence existent, je pense à 37,2 signals entreprise qui a réussi allier le fond et la forme.

En terme de futurologie ou de prospective nous ne savons pas comment nous serons mangés mais nous devons restés très vigilants, car l’avilissement de l’Internet est toujours en lien direct avec l’effritement de la liberté et de la démocratie.

Il faut prendre conscience que la diffusion et la propagation de contenu à faible voire très pauvre valeur ajoutée est criminelle.

 

Car relayer de la mauvaise volonté c’est contribuer à la construction du web pourri de demain.

Votre fidèle Druide Digital

DIGITAL EVENEMENTIEL

Marseille, capitale de l’innovation

 

Immersion urbaine, créative, digitale et naturelle.

Un périple de dix jours, où les temps forts se sont enchaînés : inauguration de l’Auberge, conférence du LIFT, Hackathon et SouthCoworking.

LIFT est devenu un rendez vous habituel pour 50A, déjà en 2010 nous avions relifté.

Comme nous pensons, vivons l’agilité et l’optimisation du temps et des plaisirs, cette année nous avons profité de l’événement pour inaugurer notre SAS de décompression marseillais : L’Auberge.

A / L’Auberge : immersion urbaine & créative

 

L’Auberge a plusieurs cordes à son arc, elle permet d’héberger simplement (location de 3 nuits minimums via le site AirBnB) mais aussi de mettre à l’épreuve des nouveaux modèles de gestion d’entreprise.

travailler différemment pour faire des affaires en s’amusant

Un croisement entre différents écosystèmes et un terrain de jeu urbain propice aux rencontres, à l’échange et à la créativité.

Pour son inauguration, l’Auberge a tenu toutes ses promesses, un endroit fédérateur de bonnes ondes et d’énergie, en plein coeur de Marseille.

Une spéciale dédicace à Albertine Meunier pour sa finesse et sa créativité, à ValX pour sa fougue créative, à Cyril et son concept de CVStreet, Eric et ses bons plans via love-spots sur Marseille.

Finalement l’Auberge se veut un lieu de création de contenu innovant et exotique.

 

B / LIFT : immersion créative et digitale

 

Lift est une conférence prospective « A l’intersection des innovations techniques, des mutations économiques et des transformations sociales, cette conférence pose les grandes questions numériques qui marqueront les temps à venir ».

Que nous réserve le futur ?

Pour cette 4ème édition du Lift, il s’agit de rappeler la technologie à ses prouesses, tout en imaginant celles qu’elle pourrait, devrait ou ne devrait surtout pas formuler pour répondre aux défis ou rêves de notre temps.

6 intervenants de qualité, visionnaires et innovateurs exposent un sujet.

« Les villes sensibles ou villes connectées »  par Nigel Gift


 

En guise d’introduction, Nigel Thrift professeur d’université à Warwick nous parle de « réalisme spéculatif » et de « sentient cities* » (*villes sensibles).

 Pour Nigel Thrift, le XXIème siècle est le siècle des données et de la cartographie,

Pour Nigel Thrift 5 tendances se dégagent :

– le marketing devient une activité axée sur la science

– les données deviennent autoréférentielles « self referential »

– les machines parlent aux machines (M2M ‘ machine to machine)

– profusion de sens : les objets deviennent esprits et inversement

– attribution de l’emplacement des données

Les « sentient cities »
Bienvenue dans la ville du futur !

Il présente ces « villes sensibles » comme étant une collection d’objets qui occupent l’espace urbain aux cotés de l’humanité.

Vous avez certainement déjà entendu parlé de « l’internet des objets » il s’agit d’objets communicants. Imaginez des villes connectées, où se mélangent données et services. Un vrai défi pour nos collectivités non ?

Dans ce débat il ne s’agit pas de rendre les bâtiments plus intelligents, ou de s’adapter mieux à nos routines quotidiennes’au contraire il s’agit plutôt de repenser certains concepts de base pour mieux apprécier la vie / l’expérience urbaine.

Désormais les applications « intelligentes » sentent ce qu’il se passe autour d’elles, et peuvent réagir.

La ville est devenue sensible !
D’un coté les feux de circulation intelligents et les caméras qui analysent les comportements suspects, de l’autre les dispositifs de localisation tels que les téléphones cellulaires.

La collecte des données recueillies par la ville sensible permet au public de s’engager sur des questions importantes de notre temps, comme par exemple la lutte contre la pollution, l’optimisation de nos ressources énergétiques, ou la régulation intelligente du trafic’

Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous invite à lire cet excellent article sur la ville intelligente.

La biologie 2.0 : une révolution sociale et technologique

Thomas Langrain, Co-Fondateur de la Paillasse (1er laboratoire communautaire de biotech en France) nous parle de génomique personnelle.

Il nous explique qu’il est désormais possible de designer des systèmes vivants de biologie synthétiques.

DiyBio = biohack + innovation

Les chercheurs savent aujourd’hui écrire sur demande des programmes génétiques.

D’ici 2020, on arrivera à écrire « from scratch » le génome humain.

A l’image des hackerspaces, les geeks deviennent des biologeeks entre openlab & hackerspace.

Les geek feront de la biologie dans leur garage, ils ne feront plus du code.

Thomas Langrain fait un parallèle entre la biologie synthétique et les débuts de l’informatique où les composants sont peu chers. Les équipements sont désormais facile d’accès, on parle de DiyBio (le Do it Yourself dans le domaine de la biologie).

D’ailleurs il existe une organisation et un site officiel qui fédère cette communauté.

« Le vivant est une technologie en soit »

On peut visualiser l’ADN avec 10 ‘ ou imprimer des organes.

A l’image de Amplino qui est un appareil qui permet de détecter des éléments pathogènes dans le sang.

A l’heure où les biologistes amateurs ont rattrapé les scientifiques, il est important de ne pas laisser la biologie aux seules mains des industriels.

Heureusement il existe le DiyBio code of Ethics pour « cadrer » ces biologistes 2.0 en herbe http://diybio.org/codes/.

Nous verrons peut être un jour l’apparition d’un Genstore pour télécharger et synthétiser ses propres gènes.

 

Pour approfondir le sujet http://www.internetactu.net/2012/10/03/lessor-de-la-diybio/


Sciences dures concepts innovants / Mutations sociales

Tiana Delhome ‘ responsable innovation & création au CEA

Après l’appropriation des technologies numériques, le cerveau : prochaine terra incognita, selon T.Delhome (CEA). Promesse ou réalité ?

Les objets ne seront pas seulement communicants, ils seront également émouvants

Focus synthétique sur son intervention :

– Le détournement des technologies renouvelle leurs promesses

– Les technologies avancent trop vite pour la chaîne économique et sociale

– Nous sommes tous auteurs créateurs innovateurs producteurs

– L’être humain n’est plus le seul acteur, le monde des objets prend une place centrale

– Il n’y aura pas seulement des interactions, mais aussi des interrelations

 

Le « Just Fuck around » par Douglas E Stanley

La méthodologie du « just fuck around » : une approche créative pour les nouveaux medias et le design.

Selon Douglas E Stanley « la technologie n’abaisse pas le statut de l’artiste » au contraire !

Pour visualiser ses travaux, voici son site officiel.

 

Géopolitique et Big Data

Stéphane Grumbach ‘ directeur de recherche à l’Inria

Pour parler BigData, Stéphane Grumbach pose le décor : la taille de l’univers digital est estimée à 2,7 zettabytes (10 puissance 21).

A quoi sert l’open data ?

  • à la publicité pour profiler les utilisateurs
  • à la science et aux institutions humanitaires pour mieux connaître les populations exemple Google Flu « service de Google qui cartographie l’évolution de la grippe en puisant dans les requêtes associées aux symptômes de la maladie que les utilisateurs font sur le moteur de recherche »

Quels sont les défis ?

  • exploiter les données en échange d’un service (exemple facebook souvent peu connu en ce qui concerne l’exploitation’)
  •  extraction de la connaissance

D’ici 2020, 1/3 des données seront stockées dans le cloud.

Après cette mise en bouche, Stéphane Grumbach nous explique le concept de l’asymétrie de l’information.

Quant on regarde la géopolitique des BigData, le top 5 est le suivant : USA, Chine, Russie, Israël, UK. Et l’Europe continentale ?

85% des données (personnal data inclues) sont détenues par les entreprises, majoritairement américaines.

En France Google représente 92% des recherches sur Internet et 65% aux Etats Unis.

Comme l’expliquait le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz (Wikipédia) : ‘L’asymétrie de l’information correspond à une asymétrie de pouvoir économique sur le marché’.

 « Google en sait plus que l’insee » 

Cette asymétrie de l’information soulève un problème majeur de sécurité économique puisque nous dépendons d’une puissance étrangère.

L’Europe est absente sur le sujet, nous devons faire preuve de « dataoptimisme, et croire aux pouvoirs publics’l’Europe doit s’impliquer dans la société de l’information et regarder vers le futur ».

 

> Pour aller plus loin voici 2 très bons articles
InterActu 
Data Publica


Politique de collaboration & ouverture

Gudrun Pétursdottir, Présidente du « conseil constitutionnel » qui a conçu le processus ouvert et collaboratif de révision de la constitution islandaise après la crise de 2008, nous raconte le processus d’écriture collaborative d’une nouvelle constitution en Islande. Passionnant et riche d’enseignement !

3 ingrédients : technologie / confiance / organisation

Pour comprendre n’hésitez pas à relire cet article.

Art / Technologie / fictions

Honor Harger ‘ Artiste et curatrice nouveaux medias ‘ Directrice de la lighthouse à Brighton

Honor Harger nous parle de Media Art set qui est un éventail de pratiques qui tentent de comprendre les nouveaux outils. Comment les artistes explorent les nouvelles technologies pour repousser les limites de la création ?

Plutôt qu’un long discours de jolies images, je vous invite à vous rendre sur le site de la LightHouse qui est un régal pour les yeux.

Pour approfondir l’intervention de Honor Harger, vous pouvez vous rendre sur cet article.

Au programme le lendemain, les ateliers de coproduction dédiés aux « Questions Numériques », il s’agit de challenger et choisir LA promesse parmi les 21 proposées pour laquelle on serait prêt à se battre pour les prochaines années. Les travaux seront prochainement restitués sur le site du LIFT.

> Bonus : le HackDataPaca

Parce que nous avions encore soif de rencontres créatives et marseillaises, nous n’avons pas pu nous empêcher de rendre visite au HackDataPaca, deux jours pour fabriquer collectivement les nouveaux services numériques en PACA avec l’Open Data.

Découvrez tous les 7 projets présentés ici : http://hackdatapaca.net/

 

C / Le SOUTHCOWORKING : immersion digitale dans la nature

Depuis 3 ans (édition 2010, édition 2011) 50A immerge son équipe dans les collines du Var.

Plongée dans un cadre 100% naturel,  50% travail – 50% ateliers créatifs.

Cette année nous avons décidé d’utiliser nos jouets (smartphone, caméra GoPro, appareil photo, applications et autres gadgets pour geeks) et le terrain de jeu des collines pour organiser une chasse aux trésors réelle et digitale.

Ensuite nous avons tracé et délimité (notre druide s’est sacrifié) un parcours avec l’application RunKeeper. Une application qui mixe QuantifieldSelf & Géolocalisation.

Nous avons constitué 3 équipes chacune chargée de produire du contenu vidéo, photos et texte en navigant dans le périmètre durant 3 heures.

L’objectif est de co-créer du contenu en s’appropriant un environnement inhabituel. Chaque contenu a été gélocalisé et est récupéré sur une carte google map customisée.

Nos amis, clients et prospects pourront alors s’immerger dans notre terrain de jeu, nous publierons cette carte interactive cette semaine.

La boucle est bouclée, 10 jours d’immersion dans le sud nous ont permis de recharger nos batteries, de jouer avec l’environnement, de re-penser notre cohésion et surtout d’affiner la stratégie et l’ambition de 50A.

article rédigé par Thibaut, pimenté par Nicolas, et pushé par David.