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We believe in Stallman.

Jeudi 28 juin, 50A était présent dans ce magnifique lieu qu’est la Mutinerie pour assister au second #jhack avec la présence exceptionnelle de Richard Matthew Stallman.

L’évènement était organisé  par la Mutinerie mais également avec la FIDH, l’agence Limite, Reporters sans frontières, Telecomix et Silicon Maniacs.

Pour rappel, le Docteur Richard Matthew Stallman (RMS pour les intimes) a lancé le mouvement du logiciel libre en 1983 et a commencé le développement du système d’exploitation GNU en 1984.

GNU est un logiciel libre : tout le monde a la liberté de le copier et le redistribuer, avec ou sans modifications. Le système GNU/Linux, essentiellement le système d’exploitation GNU avec Linux ajouté, est utilisé sur des dizaines de millions d’ordinateurs d’aujourd’hui.

C’est donc le pionnier de l’opensource, et  notre devoir était d’être présent.

 

Le thème de la conférence portait sur le thème « Logiciels libres et droits de l’homme. »

Le programme était le suivant :

– Conférence de Richard Stallman

– Questions-réponses où le public a eu la possibilité de poser des questions au « Pape » du logiciel libre

Deux personnes étaient aux côtés  Richard Stallman lors de la conférence : Lucie Morillon et Antoine Bernard.

 

 

Lucie Morillon est la Responsable du Bureau Internet et Libertés de Reporters Sans Frontières à Paris.
Les enjeux de la surveillance lors du printemps arabe sont une preuve des gouvernements répressifs, qui ne permettent pas la liberté d’expression à ses citoyens.
Depuis 10 ans, RSF s’intéressent aux questions numériques et aux conséquences qu’ont les nouveaux systèmes de communication.

 

 

 

Puis est venu le moment de la présentation d’ Antoine Bernard, auteur de nombreux livres et directeur général de FIDH : le mouvement mondial des Droits de l’Homme.
Il a donc abordé des cas d’injustice dans des pays tel que la Biélorussie où un militant a été enfermé pour une conversation numérique sur la liberté, ou en Colombie où une mesure antiterroriste est mise en place, interceptant tous les e-mails…
Il opère donc à des missions d’envergure mondiale pour défendre les Droits de l’Homme et dénoncer les manigances des états à empêcher les libertés à l’insu des citoyens.

 

Les enjeux du #jhack… mais, qu’est-ce que c’est ?

Le #jhack est un évènement qui prône la transparence numérique. Il est composé d’ateliers, de conférences, rencontres entre journalistes, activistes et hackers…

Il s’agissait de la seconde édition, et la première a eu lieu le 25 février 2012 à La Cantine

Ensuite, Richard Stallman a directement débuté la conférence sur une problématique correspondant au thème de la conférence :

« Quelle est la relation entre le logiciel libre et les droits de l’homme ? »

La réflexion intéressante de R. Stallman a été de déclarer que l’accès logiciel libre devrait faire partie des droits de l’homme et serait d’instauré 4 libertés :
La liberté 0 : exécuter le logiciel
La liberté 1 :  exploiter le code source
-> Ces deux libertés permettent seulement un contrôle individuel et ne suffisent donc pas à une liberté totale sur un logiciel… il reste donc les 2 libertés supplémentaires :
La liberté 2 : aider les autres en redistribuant le logiciel librement
La liberté 3 : distribuer en pouvant copier et modifier le logiciel

Ces quatre libertés habiliteraient donc chacun à engendrer une coopération et exercer collectivement, sans forcément être programmeur.

Mais… « Et si l’utopie était de vivre dans une société où les utilisateurs disposent des libertés essentielles ?

Richard Stallman nous exprime son point de vue, en proclamant le fait que si les utilisateurs n’ont pas le contrôle total, alors le programme les contrôle.
Et que donc… c’est la personne qui gère ce programme qui les contrôle à distance !
Ce type d’individu est vu par RMS comme des « programme privateur » qui empêche l’utilisateur de « vraiment » utiliser son logiciel.

Gnu vs Linux

 

Alors, GNU, serait la solution à ces programmes privateurs : un système d’exploitation libre !

GNU = Gnu is Not Unix (acronyme récursif)

ATTENTION ! le pape du libre tient à préciser : linux est un composant du système.
Il faut dire Gnu et non Linux, s’il l’on prône le logiciel libre et si ce n’est pas le cas, nous sommes donc face à des « logiciels malveillants » vu par RMS tel des « menottes numériques ».

Stallman peut paraître déplaisant avec son arrogance et sa façon de nous surprendre a chaque phrase.
Il n’a pas hésité à attaquer Microsoft, « Microsoft, Windows est malware », que c’est une « porte dérobée universelle », mais pas que : « Macintosh est malware ».
Il se doit donc de proclamer le logiciel libre et de nous convaincre avec des exemples …

Comme Adobe, qui « n’exige pas de l’utilisateur qu’il paie pour être abusé ».

Amazon, qui lui n’offre que l’autorisation de consulter ses livres et non de les acquérir et dont les lecteurs ont vu des
fichiers se supprimer à distance (cf : G.Orwell – 1984 )… Ne parlons même pas du Kindle Fire, qui pousse par sa traduction à « allumer le feu ».

Quelle conclusion en tirer ?
Que les utilisateurs sont donc victimes de ces fonctionnalités malveillantes ?…

 

« Saint iGNUcius, de l’Eglise d’Emac*
Je bénis ton ordinateur
Nous adorons le seul vrai éditeur d’Emac
Tu dois prononcer la confession de la foi :
Il n’y a aucun système que Gnu et Linux est un de ses noyaux »

 

 

 

 

 

*Emac : éditeur de texte qui a été développé par Stallman depuis les années 70 et lui a valu une grande renommée dans le milieu des hackers. Il est si puissant qu’il peut quasiment remplacer toutes les autres applications.

La suite de la conférence s’est déroulée avec des questions du public. Ces questions ont permis d’aborder divers sujets tels que le Cloud par exemple… qui, selon Stallman « n’existe pas » et n’est qu’une technique pour confondre les gens dans les technologies. L’importance du reverse engineering (bien connu de 50A), le développement de l’open gouvernance

Cette conférence a porté sur un sujet global : le logiciel libre.
Elle a permis a chacun de s’y retrouver, grâce à des discussions sur le contexte à Cuba, en Syrie ou en Colombie, Amazon, Microsoft, Macintosh, Hadopi…
Le respect des Droits de l’Homme est décidément remis en cause dû à ces « logiciels malveillants » : un combat pour la légalité de l’opinion, dont Richard Stallman est le précurseur.

 

 

Retrouvez la conférence en format audio ici : www.jhack.info

 

 

 

 

Article rédigé par Emmanuelle/@emmanuelle_gg

DIGITAL

Les réseaux anonymes : un programme de conscience collective ‘ C1

Cet article est basé sur le travail collaboratif, sur la « Co-écriture », il pourra donc être modifié et enrichi dans le temps par différents collaborateurs. D’ailleurs, n’hésitez pas à soumettre votre point de vue ou vos idées !

Voici donc la version C1 (Collaboratif 1) suite aux retours de Fabrice, très au courant des réseaux anonymes. Un grand merci à lui ! Ses remarques sont indiquées [entre crochets].

Notre voyage d’étude en Tunisie avait pour objectif (entre autres) de comprendre et mieux cerner les enjeux, les techniques et mécanismes utilisés par les communautés pour se mobiliser sur les réseaux sociaux. La plupart de mes interlocuteurs m’ont éclairé sur un phénomène actuel, viral et catalyseur du changement : le réseau anonyme.

Les réseaux anonymes

Il y a quelques mois j’ai découvert l’univers des réseaux anonymes, qui se matérialise par des avatars regroupés en communauté. Il ne s’agit plus de personnes ou de groupes identifiables mais d’une représentation virtuelle, active, au service d’une stratégie prédéfinie et non modifiable.

Ce concept, voire cette philosophie, s’étend grâce et à travers le web, on parle de « mème internet ». Comme un buzz, on ne sait jamais d’où il vient ! Un mythe qui se crée sur Internet sans qu’on en connaisse le fondement.

Il y a peu de temps je découvrais les anonymous via 4chan (cf. ce remember tweet Wikileak + SkyBlog = 4chan ;o) RT @ndebock : 4chan déclare la guerre à la France http://bit.ly/i8KMqS.

Génial une communauté anonyme de manga hackeur, j’avoue que je n’y comprenais pas grand chose.

Pour mieux comprendre et cerner le concept de réseau anonyme, leur philosophie ainsi que les enjeux et les risques liés, je me suis câblé à la timeline (r)évolution sur twitter.

L’une des communautés qui fait le plus parler d’elle en ces derniers temps s’appelle « les anonymous », nous vous proposons l’excellente définition de wikipedia : « Anonymous est une étiquette et un mème internet utilisé dans la culture internet. En tant que mème, Anonymous désigne les actions coordonnées de plusieurs communautés formées d’internautes agissant de manière anonyme, dans un but particulier ».

Ce qu’on m’en a dit : pour être anonymous il faut être 3 et bien sûr ne rien dire à personne ;o) Une baseline dure mais claire « Nous ne pardonnons pas, nous n’oublions pas ».

Pour moi anonymous c’est un concept, une sorte de franchise pour hackiviste, hackeur… Au contraire de telecomix qui est plus un collectif, cf. définition : Telecomix, un groupe d’hacktivistes suédois, défenseurs des libertés numériques et mettant à disposition des outils pour contrer la censure sur le Net.

[Telecomix est parti de Suède, mais c’est international, et tout le monde n’y est pas anonyme, loin de là, même si c’est une forme de ‘droit’ utilisé par bon nombre de ses membres.

Ce symbole  est une déclinaison (rigolote mais pas officielle, si tant est qu’il y ait quoi que ce soit d’officiel et que ce terme ait un sens chez telecomix) du Departement of Defense/Crypto munition bureau, lui même un département de Telecomix.]

Les symboles « officiels » de Telecomix :


Je ressens ces réseaux comme des programmes. Un programme est une suite d’opérations pré-déterminées destinées à être exécutées de manière automatique.

Une véritable méthodologie de réseau virale avec un fonctionnement automatisé.

[Anonymous a aussi une dimension anarcho-démocratique quand ils discuttent des actions a entreprendre. C’est une fois la décision prise que ça peut s’apparenter à un programme.]

Pour revenir à nos affaires tunisiennes !

Lors des révolutions arabes, j’ai d’abord entendu et rencontré des hackeurs qui ont aidé au déroulement de celles ci en piratant des sites (exemple : message d’alerte en page d’accueil, indisponibilité de certains sites’) mais surtout en permettant de maintenir les connexions internet dans ces pays. En effet le pouvoir coupe les fils et les hackeurs bricolent des ponts (accès proxy), cf. notre prochain article sur le rôle des hackeurs dans les révolutions arabes.

[La fabrication de proxy n’est en fait pas du tout de l’ordre du bricolage, c’est plus de l’ordre de l’industriel car ceux-ci ont une durée de vie limitée (ils sont filtrés par les gouvernements au fur et à mesure, donc le bricolage devient pénible à la longue), en l’occurence, Telecomix est un gros producteur de proxy à destination du Maghreb et du Moyen Orient.]

Suite à nos recherches et rencontres nous sommes tombés sur un cas étrange : le cas Takriz. Nous avions identifié qu’il était particulièrement actif sur Facebook avec un blog bien fichu.

Après quelques recherches sur GOOGLE voilà ce qu’on apprend sur TAKRIZ :

TAKRIZ se présente comme le premier cyber groupe de reflexion tunisien. C’est un mouvement pionnier puisque fondé sur Internet en 1998 avec le site http://www.takriz.com/ présenté sous la forme d’un e-mag.

La ligne éditoriale est la suivante : « Pour être libre de nous exprimer, de nous informer, de publier, de nous associer, de surfer sur internet, de manifester, d’élire nos députés, de former un parti politique, il faut s’unir et résister. »

Avec une histoire mouvementée (le site a été délaissé pendant quelques temps, les fondateurs étant contraints à l’exil), le groupe revient avec TAKRIZ Network, un véritable réseau révolutionnaire sous forme de groupes anonymes recouvrant tout le territoire tunisien.

Comme l’explique sa page Facebook, TAKRIZ produit des videos, des podcasts un magazine et une gazette imprimée (le tout est gratuit). Il est doté d’un serveur SILC de communication cryptée et d’un relai d’anonymisation TOR, et d’autres technologies privées de communication entre groupes d’action.

TAKRIZ utilise donc tout ce que le web 2.0 a à offrir pour relayer ses actions :

Extranet et presse : www.takriz.net
Magazine : www.takriz.com
Twitter : www.twitter.com/takriz
Dailymotion : www.dailymotion.com/takriztv
Facebook : www.facebook.com/takrizo
Vimeo : http://vimeo.com/takriz

Les résultats d’une telle organisation parlent d’eux-mêmes (ces chiffres sont donnés par TAKRIZ) :

– Des centaines de milliers de sympathisants dont quelques dizaines de milliers sur Internet.

– La page facebook TAKRIZO reçoit fin 2010 plusieurs centaines de milliers de visites. Lors de la levée de la censure d’Internet, la page a reçu un pic de plus de 2 Millions de visites tous les jours pendant une semaine.

– Aujourd’hui la page enregistre en moyenne 600,000 visites par jour variant suivant la mobilisation et les actions de terrain en cours.

[Cependant, il faut relativiser ces chiffres : l’estimation du nombre de sympathisants est biaisée, si on se base sur leur groupe Facebook, la plupart des gens ‘aiment’ juste pour avoir des infos tout en n’adhérant pas forcément (ou même parfois pas du tout) aux idées.

L’estimation du nombre de visites sur la page Facebook de Takriz n’est pas vérifiable, et là aussi, c’est sujet à (grosse) caution.

Takriz fonctionne sur l’anonymat mais avec des pseudos/avatars fixes. Les personnalités, une trentaine, sont bien identifiées mais on ne sait pas du tout qui est derrière. Telecomix aussi, Anonymous nettement moins, même si certains sont dans ce cas.]

Conclusion

Finalement je me pose certaines questions sur ces réseaux anonymes tournants non identifiés, qui semblent incontrôlables mais qui transpirent de stratégie.

Dans ce genre de réseau, les avatars sont fréquemment redistribués au hasard, ce qui rend le système impénétrable car personne ne sait qui est qui.

Parmi les pré-requis fondamentaux des réseaux secrets ou à haute valeur ajoutée illégale, tous les n??uds ne doivent pas être maillés.

C’est certainement pour cela que telecomix, anonymous’ ne communiquent pas beaucoup ensemble.

Mon point de vue sur Takriz : ce sont des pros de l’anonymous et de l’happening. Mais que vont-ils en faire ‘

Ce système quand il ne sert plus à la révolution peut avoir tendance à rentrer en boucle comme un programme, et finalement la résultante pourrait bien être le bug !!!