L’IA peut bien attendre la rentrée…
L’été sera chaud, l’été sera chaud…
Depuis ce tube de 1979 tout s’est accéléré pourtant ça reste un moment pour lever un peu le pied, pour déconnecter, pour laisser enfin redescendre la pression, et prendre le temps de vivre. Et, franchement, cela ne fera pas de mal.
Car depuis près de deux ans, l’intelligence artificielle nous impose un rythme devenu presque absurde. Pas un jour sans une nouvelle annonce. Pas une semaine sans un nouveau modèle. GPT, Claude, Gemini, Mistral, Grok, Deepseek et compagnie… chacun promet d’être plus rapide, plus intelligent, plus performant que le précédent.
Des dizaines de milliards de dollars sont investis. Les géants de la tech se livrent une course à l’échalote permanente pour savoir qui prendra quelques points de plus dans les benchmarks… jusqu’à la prochaine annonce.
À force de courir, on finit parfois par oublier pourquoi on a pris le départ.
Et pendant que les États-Unis accélèrent, l’Europe redécouvre un mot que nous avions peut-être un peu vite rangé au placard : la souveraineté.
Merci Donald… en quelque sorte.
Les tensions géopolitiques récentes ont eu au moins un mérite : pousser les entreprises françaises et européennes à se poser enfin les bonnes questions. Où sont hébergées nos données ? Qui maîtrise nos infrastructures ? Sur quelles technologies construisons-nous notre avenir ?
Et pourtant, au milieu de cette partie que beaucoup pensaient déjà perdue, un signal fort est arrivé aujourd’hui : Microsoft a signé un accord de plusieurs milliards de dollars avec le Français Mistral AI afin de s’appuyer sur ses infrastructures de calcul en Europe. Le symbole est fort.
Même les géants américains comprennent désormais que l’Europe ne peut pas rester uniquement un marché de consommateurs. Elle doit aussi redevenir un territoire d’innovation et d’infrastructures. La bataille des modèles est peut-être déjà largement engagée. Mais celle des usages, des compétences et de la souveraineté ne fait probablement que commencer. Et puis il y a la Chine.
On en parle finalement assez peu. Pendant que nous débattons, elle avance. Elle observe, apprend, s’adapte et saisit chaque opportunité. Elle propose désormais des modèles ouverts, performants, économes et redoutablement efficaces. Ses entrepreneurs, ses développeurs et même ses solopreneurs s’approprient l’IA à une vitesse impressionnante.
Là encore, inutile de céder à la panique. Mais il serait tout aussi dangereux de continuer à regarder ailleurs. À l’autre extrémité du débat, une autre fronde monte. On pointe du doigt les data centers, leur consommation d’énergie et leur empreinte environnementale.
Et nous voilà repartis dans notre éternel débat : pour ou contre l’IA ?
Comme souvent, je pense que c’est une mauvaise question.
La vraie question est plutôt : comment voulons-nous utiliser cette technologie ?
Avec discernement. Ce discernement si profondément humain que la machine ne nous volera pas. Enfin… à condition de continuer à nous servir de notre petit cerveau d’humain imparfait. Car il ne s’agit pas de tout déléguer aux machines.
L’IA peut accélérer. Elle peut rechercher, synthétiser, rédiger, comparer, suggérer…
Mais l’intention doit rester humaine.
Le jugement doit rester humain.
La responsabilité doit rester humaine.
J’aime souvent résumer cela par une formule très simple :
Input humain. Output humain.
Entre les deux, l’IA est un formidable accélérateur. Cependant jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas elle qui devra un jour expliquer ses décisions devant un tribunal. Depuis 2024, chez 50A, nous parcourons la France pour former, acculturer et accompagner les entreprises dans cette transformation.
Et notre conviction se renforce à chaque intervention.
L’IA n’est pas un projet informatique. C’est un projet d’organisation. Sans méthode. Sans gouvernance. Sans données fiables. Sans processus clairement définis. Sans collaborateurs embarqués, l’intelligence artificielle n’apportera pas de l’ordre. Elle ajoutera du chaos… au chaos. Et là, nous ne parlerons plus de destruction créatrice. Nous parlerons franchement de cafoutch.
C’est précisément la raison d’être de cette newsletter.
Non pas courir derrière chaque annonce, mais prendre un peu de recul.
Observer.
Trier.
Mettre en perspective.
Partager ce qui compte vraiment.
« Vous aider à distinguer le signal du bruit. »
Parce que C’est aussi cela, l’ADN de 50A.
Alors cet été, nous allons nous aussi ralentir un peu.
Lire davantage.
Marcher plus longtemps.
Profiter de l’océan, de la montagne, de la campagne ou simplement d’un repas partagé avec ceux qui comptent.
Bref…
Revenir à ce qui se vit IRL (In Real Life).
Car, malgré tous les progrès de l’intelligence artificielle, il reste encore une chose qu’elle ne saura jamais faire à notre place :
Créer de vrais souvenirs.
Bel été à toutes et à tous.
On se retrouve à la rentrée… avec, sans doute, encore quelques centaines de nouvelles annonces sur l’IA.
Et toujours autant de plaisir à les décrypter avec vous.
Cœur sur vous et bel été.
Thibaut



