Combien de rapports de prospective IA dorment dans un tiroir de votre organisation, là, pendant que vous lisez ces lignes ? On ne pose pas la question par méchanceté. On la pose parce qu’on connaît déjà la réponse…
Ce n’est pas que ces rapports soient mauvais. C’est qu’un document, même excellent, se lit, se discute poliment en comité, puis se range. Entre comprendre intellectuellement que l’IA va transformer votre métier et ressentir concrètement ce que ça change pour vous, il y a un gouffre que les slides ne comblent jamais.
C’est exactement ce gouffre que comble le design fiction. Et chez 50A, ça fait un moment que l’on s’en sert sans pour autant en faire un totem marketing.
Alors autant poser les choses clairement.
Le design fiction, c’est quoi au juste (et ce que ce n’est pas…)
Le terme apparaît en 2005 sous la plume de Bruce Sterling, figure du mouvement cyberpunk, puis se théorise en 2009 grâce à Julian Bleecker, fondateur du Near Future Laboratory. L’idée de base : construire des objets qui existent dans un futur plausible, une interface, une notice, un mail, plutôt que d’écrire sur ce futur. Le chercheur David Kirby a donné un nom à ces objets en 2010 : des prototypes diégétiques. Comprendre : des artefacts qui font comme si le futur était déjà arrivé, pour qu’on réagisse à lui comme à quelque chose de réel plutôt que comme à une hypothèse.
Et c’est là le malentendu le plus fréquent : ranger le design fiction dans la case « atelier créatif sympa », ou une journée de team building avec plus de Post-it que d’habitude. Erreur. Le mot clé n’est pas « créatif ». C’est « conséquences » : le design fiction sert à faire apparaître, avant qu’on les vive, les conséquences réelles d’une décision qu’on n’a pas encore prise.
Nous prolongeons une conviction que l’on porte depuis 2008 chez 50A avec notre démarche Holomaps : on ne peut pas piloter son organisation si on ne la visualise pas. Le design fiction, c’est cette phrase appliquée à votre futur avec l’IA plutôt qu’à votre organigramme.
Prospective ou design fiction : pas le même métier
La prospective identifie des tendances et construit des scénarios à 10 ou 20 ans. Utile, sérieux, mais abstrait : elle produit de l’information, qui mobilise l’intellect.
Le design fiction produit une expérience qui mobilise le jugement.
Concrètement : un scénario prospectif dira « en 2030, une partie de vos comptes-rendus de réunion sera générée par IA. » C’est une phrase. Elle ne fait réagir personne dans un comité de direction. Un artefact de design fiction, lui, vous met entre les mains le compte-rendu automatique lui-même, avec ses approximations, ses biais, sa façon de résumer ce qui compte et d’écraser ce qui finalement comptait pour vous. Là, les gens réagissent. Ils contestent. Ils disent « non, ça, on ne veut pas ».
Et c’est précisément ce moment-là qui vaut de l’or : on ne décide jamais avec une information, on décide avec une expérience.
Ce que ça donne, concrètement, dans un projet IA
Trois formats reviennent souvent dans nos accompagnements, adaptables à peu près à n’importe quel métier : RH, BTP, Syndicat et fédérations professionnelles, Fondations, entreprise à mission…
- Le scénario d’usage projeté : une journée type de votre équipe, dans 18 mois, avec un assistant IA installé dans le processus. Qui valide quoi ? Que se passe-t-il quand l’IA se trompe ? Posée à froid, la question génère une réponse générique. Posée à travers une journée vécue, elle génère une vraie décision.
- La notice d’un outil qui n’existe pas encore : rédiger le mode d’emploi d’une solution IA que vous envisagez fait remonter, en quelques lignes, les questions que personne n’ose poser en réunion : qui est responsable en cas d’erreur, quelles données sont utilisées, qui a accès à quoi.
- Le journal interne du futur : un numéro fictif de votre newsletter d’entreprise en 2028. Qui l’écrit ? un humain, une IA, les deux ? Ce genre d’artefact divise une équipe en trente secondes. C’est exactement le but : faire remonter le désaccord avant le budget, pas après.
2027 : le design fiction sort du studio créatif
On ne l’invente pas, cette bascule est documentée. Le Near Future Laboratory a ouvert une ligne de recherche dédiée à l’IA. Superflux a été missionné par le gouvernement britannique sur une IA « écologique » appliquée à l’eau douce. Design Friction, le studio francophone de référence, mène ce travail avec Stereolux à Nantes.
Et côté institutionnel, la Direction interministérielle de la transformation publique a carrément produit un parcours immersif projetant un ministère français en 2037 pour interroger sa propre transformation par l’IA, pas pour la prédire, pour la mettre en débat.
Et dans cette cartographie des acteurs français qui pratiquent la méthode sans en faire une spécialité exclusive ? On y retrouve 50A. On ne s’en vante pas plus que ça, mais on ne va pas non plus faire semblant que ça ne nous concerne pas.
Le risque, avec la popularité grandissante du terme, c’est justement la dilution : de plus en plus de prestataires gardent le vocabulaire du design fiction sans en garder la rigueur.
La différence tient en une seule question : est-ce que l’on construit un artefact qui aide à décider, ou un moment d’inspiration qui finira, lui aussi, dans un tiroir ?
Comment on s’en sert, chez 50A
Le design fiction n’est pas un projet en soi. C’est un temps, avant le projet. Il ouvre les possibles ; il ne les structure pas. Une fois qu’un scénario a fait émerger une direction, ce qu’on veut, ce qu’on refuse même si c’est possible : reste tout le travail classique de cadrage : définir le besoin réel, structurer une gouvernance, choisir des outils proportionnés, sécuriser un budget avec des jalons. Ce n’est plus de la fiction, c’est de l’AMOA.
Les deux ne sont pas concurrents. Ce sont deux moments d’un même accompagnement. Sauter directement à l’exécution sans être passé par l’exploration, c’est le meilleur moyen de bien exécuter la mauvaise idée vite, et avec conviction.
Trois questions qu’on nous pose souvent
Le design fiction, c’est réservé aux grosses boîtes tech ?
Non. C’est même plus utile à une fédération professionnelle ou une association qu’à une start-up : moins de budget technologique, mais une mission à préserver que personne n’a envie de trahir en se précipitant.
Ça remplace un audit ou un cadrage de projet ?
Non. Ça le précède. Le design fiction fait émerger la bonne question ; le cadrage y répond avec méthode.
Combien de temps ça prend ?
Un atelier tient en une demi-journée. Le vrai travail, c’est la préparation des artefacts en amont, c’est là que se joue leur capacité à faire réagir plutôt qu’à faire sourire poliment.
Vous avez une stratégie IA que personne n’ose challenger en réunion ? Avant de choisir un outil, commencez par voir ce que ça change vraiment pour vous. Nos formations IA et notre resource center sont un bon point de départ.
Et si vous préférez qu’on mette directement votre futur en scène, on en parle.





























































