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ARCHITECTURE SOCIALE

Quand les Community Managers deviennent des Hacktivistes – C1

Avant-Propos

Demain se déroule le premier Barcamp en simultané entre Tunis et Paris. L’ EvolutionCamp, Evolution en mode (R)évolution, sera l’occasion de traiter entre autres des nouveaux métiers du web et du rôle du Community Manager. Amorçons notre réflexion de demain sur le sujet.

Introduction

Quel est le rôle du community manager ? Quid du community management ? : Le community management est le fait d’animer et fédérer une communauté pour une société ou une marque à travers les médias sociaux et de faire respecter les règles de bonne conduite au sein de cette communauté.

Une stratégie est mise en place par une entité telle qu’une entreprise, une agence, une association, une institution’ Elle répond à des objectifs définis en amont. Il existe aussi des Community Managers indépendants. Une sorte d’Open Community Management, à assimiler aux mouvements Open Source / Open Data, non plus dicté par des objectifs de communication mais par de véritables convictions citoyennes ou des croyances.

La première vague d’actions réalisée par la marque dans la gestion de communauté fut la création de leurs propres réseaux sociaux : Coût énorme et résultat nul, l’exemple du groupe Thalès est assez parlant. La deuxième vague a été l’achat d’espace social et l’achat de kilo-fan : on plug du média planning traditionnel sur des supports sociaux.

Dans cette société d’ultra communication dans laquelle nous vivons, les communicants (entreprises, marques, politiques) se sont longtemps adressés aux gens en pensant pouvoir influer sur leurs comportements, sur leur façon de penser, pour déclencher les actions voulues. C’est ce qu’on appelait le Mass Marketing (si vous voulez un cours d’histoire de la com’ sur le sujet, penchez vous sur les études de l’Ecole de Francfort).

Ces mêmes communicants ont ensuite voulu s’adresser aux communautés, de plus en plus nombreuses sur la toile grâce aux médias sociaux. C’est ainsi que le rôle du Community Manager est apparu : animer, écouter, répondre à ces communautés et  leur proposer des idées, des produits, des services’

Avec l’avènement  du web 2.0, les internautes sont passés à un stade de cyberacteurs, l’idée n’est donc plus d’être le simple destinataire d’un message, mais d’en être également acteur sur la base du travail collaboratif. Ces cyberacteurs sont alors devenus des relais d’opinions, des prescripteurs, des ambassadeurs pour les marques, voire même des sortes d’employés non rémunérés. C’est finalement la logique du crowdsourcing : bénéficier de la co-création et de l’intelligence collective, les internautes pouvant réaliser diverses tâches : création de contenu, veille, modération, etc.

Aujourd’hui les internautes ne se cantonnent plus à un rôle de consommateur ou même de cyberacteur, ils deviennent des activistes citoyens capables de se faire entendre et de faire bouger les choses en utilisant les mêmes mécanismes que les marques tentent d’exercer sur eux. Il peuvent même devenir à leur tour des Community Managers en fonction de leurs convictions, de leur croyance, etc.

Tour d’horizon de ce type de ces Cyberacteurs pas comme les autres, pratiquant un Community Management « hors des marques ».

1 Le Community Manager Citoyen : l’exemple « Changer Sodexo »

 

A travers sa communication, Sodexo se positionne comme le leader mondial de la qualité de vie au quotidien, se présentant même comme un employeur engagé. Mais qu’en pensent nos Community Managers Citoyens ? Sur la toile, on entend un son de cloche totalement différent.

Le site Changersodexo.fr milite depuis janvier 2010 aux côtés d’organisations syndicales du monde entier pour « exiger que Sodexo soit à la hauteur des principes que la société met en avant en matière de responsabilité sociale, en garantissant le respect des droits fondamentaux de ses salariés à travers le monde et en s’engageant à poursuivre le dialogue social afin d’améliorer les conditions de travail de ses salariés« .

Citoyens et syndicalistes ont donc mis au point une véritable stratégie de Community Management à travers ce site, la page Facebook etla chaîne Youtube ChangerSodexo qui propose des vidéos dénonçant les conditions de travail inacceptables qu’impose Sodexo à ses salariés du monde entier. Ces citoyens activistes ont alors réussi à faire plier la multinationale. Le 8 mars 2011, Sodexo a accepté de « transiger une affaire soumise au  National Labor Relations Board (NLRB) au sujet de sa politique en matière de droit d’expression de ses salariés à l’égard des médias« . Une première victoire pour l’action citoyenne.

Jusqu’ici Sodexo avait une politique très stricte et restrictive vis-à-vis des médias. La société exigeait que ses salariés ne s’expriment sur « aucun sujet » sans l’accord préalable d’un responsable. Grâce aux actions menées par ces activistes 2.0, Sodexo a publié une nouvelle politique média « qui n’est plus de nature à porter atteinte à la liberté d’expression des salariés quant à leurs conditions de travail et quant aux problèmes rencontrés sur leur lieu de travail. Sodexo doit notifier ce changement de politique à tous ses salariés aux Etats-Unis. »

L’action citoyenne n’a donc plus de frontières pour s’attaquer aux multinationales. Démarrée en 2009 aux Etats-Unis la campagne CleanUpSodexo est directement reliée à la campagne française (le siteClenUpSodexo.org est relié au site français). Les militants mènent donc une action coordonnée à travers leur site et leurs réseaux sociaux respectifs.

L’exemple nous montre bien que les citoyens peuvent donc changer la stratégie des entreprises ou tout du moins, leur stratégie de communication.

2 Le Community Manager Secret / Défense : l’exemple de la CIA

Comment gérer une communauté classée « secret / défense » ? C’est la question que s’est posée la CIA qui anime et contrôle sa communauté très privée depuis 1999. Son but principal était de réussir à effectuer un travail collaboratif en tant que communauté avec les différentes organisations pour proposer des solutions critiques pour la sécurité nationale.

Voici les différents points de leur stratégie de Community Management :

  1. Unifier la communauté au travers de processus collaboratifs
  2. Se focaliser sur les gens et la connaissance (comme son nom l’indique la CIA chercher à centraliser l’intelligence)
  3. Développer de nouvelles sources et méthodes pour la collection de données
  4. Adapter la sécurité au nouvelles menaces
  5. Améliorer la gestion interne des ressources

La CIA a donc déployé une équipe dédiée au Community Management en interne pour concilier les différents départements, analyser et produire des contenus et donc répondre à ces objectifs.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site officiel de la CIA.

3 Le Community Manager Soldat

Placé entre de mauvaises mains, le Community Management peut être une arme terrible. La « police internet » de Ben Ali en est un parfait exemple. Entouré de 600 Community Managers Soldats (il s’agissait en fait de 600 techniciens ou ingénieurs basés à Carthage), Ben Ali pouvait alors scruter la toile et surtout surveiller les Tunisiens.

L’idée était donc d’identifier les contestataires au régime grâce à une cyber police cherchant principalement à voler les identifiants Facebook et autre Gmail afin de faire taire les futurs révolutionnaires. Nos amis de ReadWriteWeb ont des articles très intéressants à ce sujet.

Des comptes ont donc été piratés et fermés, mais heureusement qu’en face, les Community Managers Citoyens ont réussi à contrer l’offensive de Ben Ali et organiser les manifestations que l’on connaît pour renverser le pouvoir, et maintenant tenter d’avancer vers de l’Open Gouvernance (sujet abordé lors de notre prochain BarcampR).

4 Le Community Manager Religieux

 

Au niveau historique, les premières communautés importantes étaient les communautés religieuses. Aujourd’hui, la religion est devenue un sujet relativement sensible. Faire des campagnes de communication sur le sujet pourraient être perçu comme une tentative de prosélytisme, rappelant presque le temps des croisades. Ces communautés existent pourtant, et il faut bien les gérer.

Un exemple marquant de Community Management religieux reste celui de l’église catholique qui a lancé l’année dernière la campagne « Et pourquoi pas moi ? ». La punchline est simple : « Le prêtre est un créateur de lien social ».

L’Eglise a opté pour une communication jeune et relativement décalée (du type « Jesus is my boss ») avec comme outils principaux un site web, une page fan facebook et des plateformes vidéos Youtube et Dailymotion.

Conclusion

Le Community Manager : archétype de l’anti-star ?

La conclusion de Damien Houlle :

Finalement un des principaux aspects du Community Management est le fait de réussir à s’effacer face à la communauté. Dans les 4 situations évoquées ci-dessus, la plupart d’entre nous ne saurait citer le nom d’un community manager en particulier. Le job d’un CM, c’est un peu le job de l’anti-star.

Connaissez-vous les noms des Community Managers de la révolution tunisienne ? Ceux qui ont relayé, créé des logos, etc ? ? Non. Malgré leur rôle plus qu’important, cela reste un travail de l’ombre. Mais pourquoi ?

Le Community Manager est quelqu’un qui arrive à s’effacer face à la communauté, tant en réussissant à jouer le role de catalyseur de celle-ci : quel paradoxe, quel tour de force ! Son  rôle est de trouver les enthousiastes, les lead-users, les super-users qu’ils soient experts ou amateurs. Ce qui représente 1% d’une communauté en nombre, mais 90% des commentaires, relais, nouveautés, créations.

En fait, si le community manager arrive à bichonner ces 1%, les 99% suivront soit en répondant, diffusant et notant: le bouton « J’aime » est un super exemple de relai simple, aisée, facile, anti-chronophage, qui permet à ces 99% de donner l’effet boules de neige aux 1% les plus actifs !

Vous avez dit {R}évolution ?

La conclusion de Nicolas2fr :

Si l’on se place d’un point de vue plus général, on s’aperçoit que le Community Manager change le rôle et le fonctionnement de l’entreprise. Il s’agit donc maintenant d’exercer un community management citoyen. Chaque recommandation stratégique devra mettre le citoyen au coeur de sa démarche.

La transparence ne sera plus un buzzword green mais une logique d’action. Les entreprises seront confrontés à des bad buzz réguliers qui devront être réglés au cas par cas.

L’entreprise va donc devoir repenser l’ensemble de ses services. Finalement, c’est la construction de l’entreprise de demain : l’entreprise 2.0.

C’est d’ailleurs pour cela que nous organisons le 18 juin prochain (soit demain !) un Barcamp intitulé « EvolutionCamp : Evolution en mode (R)évolution » pour y aborder toutes ces questions autour des nouveaux métiers digitaux et des différentes formes de Community Managers. Il sera aussi question de l’impact des médias sociaux en Tunisie, l’événement ayant lieu en simultané à Paris et Tunis.

Pour plus d’informations sur l’EvolutionCamp rendez-vous ici : http://www.barcampr.com/.

Cet article a été rédigé à plusieurs mains, un grand merci à :

@nicolas2fr, @thib39 et @damienhoulle

version C1 : @jujusete

MARKETING DIGITAL

Enquête 50A sur les Digital Natives : « Ma fille est une blogueuse »

Blogueuses de mère en fille

C’est dans un cadre bucolique (le parc de Vincennes) que j’ai eu le plaisir de rencontrer Charlotte, 9 ans et déjà blogueuse, tout comme sa maman Cathy. Elles ont eu la gentillesse de répondre à mes questions car je voulais en apprendre plus sur les usages de ceux qu’on appelle les « Digital Natives », ces enfants nés dans le digital et qu’on imagine comme des surdoués du web et de l’informatique.

La maman, Cathy, est community manager et experte en stratégie digitale. Elle est également membre des (très bons) Explorateurs du Web. Elle officie sous le nom de @Geeknauteet tient le blog du même nom qui traite principalement de réalité augmentée et de mondes virtuels.

Sa fille Charlotte a rapidement manifesté son intérêt pour ce que faisait sa maman et c’est donc tout naturellement que Cathy  a décidé l’accompagner sur la toile : en explorant toutes les possibilités qui s’offrent à elle, de manière ludique et pédagogique.

Mais attention, je me suis vite rendu compte que certains termes étaient à bannir : elle n’est pas une « Digital Mum », et sa fille n’est pas une « Digital Native ». Pour elle ce sont des étiquettes qui dénaturent la démarche très simple que celle de cette maman qui accompagne sa fille sur internet. Et justement, il ne faut pas parler de « contrôle parental » mais bien d’accompagnement.

Il est vrai que beaucoup de parents peuvent avoir peur des « dangers » d’internet, mais ce n’est pas une raison pour en interdire l’utilisation à son enfant. En l’accompagnant et en lui expliquant des règles simples, le web peut être un fantastique terrain de jeu, un moyen de créer du lien (familial, amical…) et d’apprendre en s’amusant.

Histoires en chocolat

Charlotte est donc très loin de la caricature d’une jeune geek qui passerait tout son temps devant un écran. C’est au contraire une enfant pleine de vie, simplement très curieuse de ce que fait sa maman et qui a montré un véritable intérêt pour le digital. Comme maman, elle voulait son blog. L’opportunité pour cette petite fille très créative de raconter ses Histoires en Chocolat.

Grâce à son blog, Charlotte a trouvé son propre moyen d’expression et d’échange. Elle s’amuse avec des photos, des vidéos et des dessins qui illustrent ses histoires. Elle possède son propre ordinateur et emprunte tous les outils de sa maman : appareil photo, caméra, tablette graphique… Telle une community manager en herbe, son compte Twitter @ceriseblog lui sert ensuite à proposer des liens vers son blog.

De son côté, Cathy y voit des vertus pédagogiques : un moyen pour sa fille  de développer sa créativité, d’améliorer son orthographe et de savoir d’ores et déjà utiliser un ordinateur et maîtriser internet ainsi que ses différents outils : des choses indispensables dans la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Merci @ceriseblog et @geeknaute !

EVENEMENTIEL

Interview vidéo de Haythem El Mekki, journaliste et blogueur tunisien

Lors de son passage en Tunisie, Thibaut, notre reporter sans frontières estampillé 50A, a eu le privilège de rencontrer Haythem El Mekki, également connu sous le pseudo ByLasko.

C’est ainsi qu’ils ont  pu longuement discuter de la révolution tunisienne mais surtout de ses perspectives, à savoir la démocratie 2.0. Vous pouvez découvrir aujourd’hui les meilleurs moments de cet entretien en vidéo sur le Blog 50A.

Haythem est un journaliste indépendant qui officie sur le web bien sûr, mais également à la télévision et à la radio. Il présente une revue de presse satirique sur Mosaïque FM, il est chroniqueur sur Nessma TV et collabore également avec divers médias internationaux francophones, comme sur le blog ReadWriteWeb France.

Haythem s’est tout d’abord fait connaître grâce à son propre blog : ByLasko. Comme il l’explique lui même : « C’est surtout depuis la Révolution Tunisienne que ma carrière n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était avant le 14 Janvier 2011″.

Il est également très présent sur les médias sociaux qui ont contribué à la révolution tunisienne, via sa page Facebook et son compte Twitter.

Retrouvez prochainement la version intégrale de cette interview 50A.

Un GRAND merci @bylasko! Et comme il le dit lui même : Peace, Power & Respect !

WeLoveYou WeLoveTunisia #50ATunisia

@thib39

EVENEMENTIEL

Focus sur l’Etoile du Nord, compagnie théâtrale tunisienne


Préambule :

Lors de son voyage en Tunisie, la team 50A a pu étudier de plus prêt l’apport des médias sociaux dans les plans d’action de la révolution 2.0.

Mais un voyage est également synonyme d’ouverture culturelle, c’est pourquoi 50A tient à vous présenter l’Etoile du Nord, compagnie théâtrale tunisienne. Car même en pleine révolution, le peuple tunisien est toujours très tourné vers les arts et la culture.

Comme l’explique son site internet, le théâtre de l’??toile du Nord, situé en plein coeur de Tunis, est un lieu unique dans sa conception architecturale. C’est le seul théâtre en Tunisie qui dispose d’une salle de spectacles à rapport air de jeu / public variable (qui peut accueillir des pièces de théâtre, concerts, conférences, projections, danse, formation). Ce concept lui permet de répondre efficacement aux exigences de la création théâtrale contemporaine.

Au delà de simples représentations, L’Etoile de Nord à pour vocation de soutenir et pousser à la création artistique, c’est pourquoi la compagnie invite des troupes aussi bien tunisiennes qu’étrangères et a même permis à des dizaines de jeunes musiciens, écrivains, poètes tunisiens de s’exprimer devant un public tout en les aidant dans leur insertion dans la vie sociale et professionnelle.

Cet espace dédié à l’art et la culture propose également un foyer d’accueil pour le public ainsi qu’une bibliothèque très orientée sur les arts de la scène, l’architecture, la peinture et le cinéma et qui permet aux visiteurs d’effectuer des recherches sur Internet.

Et il est important de noter que le théâtre de l’??toile du Nord travaille désormais avec l’aide du ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine.

Le théâtre proposera le mois prochain un spectacle intitulé 4.48 Psychose dont le pitch est le suivant :

4.48 Psychose est une pièce sur le suicide mais pas uniquement. Elle parle de dépression, elle parle du corps et de l’esprit qui ne peuvent être mariés. Elle parle de l’être aimé qui n’existe pas. Elle parle de théâtre et d’écriture. Sachant que l’auteur Sarah Kane s’est suicidée après avoir écrit la pièce et avant de la voir sur scène…

Une pièce qui semble lourde de sens et très conceptuelle.

En tout cas au fil de ses aventures, la 50A team a pu découvrir du partage, de la co-création, de la culture. Qu’on ne s’étonne pas que « 50A Love Tunisia » !

WeLoveYou WeLoveTunisia #50ATunisia

COWORKING LAB EVENEMENTIEL

C’est officiel, 50A part en Tunisie !

Cela fait maintenant plusieurs mois que le débat fait rage autour du rôle des médias sociaux dans les manifestations en Tunisie et Egypte, où on a pu voir des réseaux comme Facebook et Twitter jouer un grand rôle dans l’organisation des manifestations et dans la transmission des informations. On a entendu parler de Citizen Power, de Démocratie 2.0, d’Hacktivisme Citoyen

Sur 10 millions de Tunisiens, 2 millions possèdent un compte Facebook.

Alors faut-il s’arrêter à ce simple constat ou en tirer des enseignements ? Vous me direz sans doute que la meilleure chose à faire serait de se rendre sur place et en parler directement avec les acteurs de cette révolution 2.0. Et bien c’est exactement ce qui va se passer :

50A part en Tunisie !

Que les choses soient claires, les membres de la 50A Team ne s’improvisent pas journalistes, le but n’est pas de revenir sur les événements qui ont déjà été traités dans les médias (cf. notre sélection d’articles).

Ce sont justement les citoyens qui sont devenus journalistes lors de ces événements. 50A part en Tunisie pour les rencontrer, échanger, apprendre, toujours dans une logique de Co-Working, de Co-Learning.

3 objectifs clairs :
– Trouver un lieu pour le Barcamp E-réputation #EreputationCamp3
– Trouver des partenariats pour monter une Community Management School
– Rendre réel l’expérience de (r)évolution
 

Au programme, des rencontres, des interviews, des vidéos. Chaque jour vous pourrez suivre les aventures tunisiennes de la 50A Team sur ce blog et sur notre page Facebook.

Petit avant goût : vous pourrez découvrir très prochainement l’interview de Sami Ben Hassine, co-fondateur du PaCTE Tunisien.

50A <3 Tunisia

Pour plus d’infos sur les événements Tunisiens, voici notre petite sélection d’articles :

https://www.liberation.fr/monde/01012314230-tunisie-les-reseaux-sociaux-ont-ete-une-piece-maitresse-de-cette-revolution

https://www.siliconmaniacs.org/evenement-revolution-tunisienne-laboratoire-de-democratie-2-0/

https://www.rue89.com/yeti-voyageur/2011/01/14/tunisie-la-premiere-revolution-populaire-de-lere-numerique-185707?page=1

https://www.liberation.fr/monde/01012314415-slim404-en-reunion-ministerielle

MARKETING DIGITAL

La FreedomBox Foundation, une révolution annoncée

Rassurez-vous, on ne va pas faire de la pub pour une énième box d’un FAI qui voudrait s’en mettre plein les poches, bien au contraire ! La FreedomBox Foundation propose une nouvelle vision du web et révolutionnera sans doute à terme les problèmes de confidentialité des données.

Eben Moglen, professeur de droit et d’histoire du droit à l’université Columbia et avocat conseil de la Free Software Foundation, a tenu un discours lors de l’événement intitulé Freedom in The Cloud, organisé par le New York ISOC branch. Il y a donc présenté le projet de la FreedomBox Foundation.

Lors de son intervention, Eben Moglen a démontré à quel point tous nos outils web (notre agenda en ligne, notre compte Gmail…) sont espionnés, que chaque information que nous échangeons via nos réseaux sociaux sont analysés et réutilisés à des fins commerciales ou contrôlés pas les Etats. Il s’interroge sur le fait que nous avons jeté notre vie privée à la poubelle, concédant nos informations personnelles aux serveurs de Microsoft, Facebook et Google :

 » Nous sommes tous plus ou moins connus sur internet. Nous voulons y vivre. C’est notre lieu de vie. Nous ne voulons simplement pas vivre avec une caméra vidéo sur chaque arbre et un micro dans chaque buisson, et un data miner sous nos pieds partout où nous marchons, et internet est comme cela aujourd’hui« .

Il pose donc la question : « pouvons nous revenir en arrière ? « . Sa réponse : oui !

Regardez la vidéo de son intervention en version originale et intégrale en cliquant ici.

La liberté selon la FreedomBox Foundation

La FreedomBox va donner la possibilité d’avoir un serveur personnel fonctionnant avec un système d’exploitation libre, utilisant des logiciels libres, visant à créer et préserver nos données personnelles.

L’idée serait de fonctionner avec des « plug servers » qui sont en fait des ordinateurs compacts, pas plus grands que votre chargeur de batterie. Ces plugs servers seront donc placés chez les gens, ou dans les bureaux, et donneront la possibilité aux personnes de maîtriser leur vie privée et leurs informations personnelles : une véritable alternative  aux réseaux centralisés et contrôlés par les sociétés privées et les Etats.

La principale difficulté de ce projet n’est pas technique, mais plutôt que les gens doivent prendre conscience que leur vie n’est en rien privée actuellement sur internet et qu’ils doivent donc changer leurs habitudes. Il faudra alors abandonner Facebook et Gmail et utiliser de nouveaux logiciels libres. Oui, il est bien question ici d’abandonner Facebook !

La FreedomBox Foundation avait utilisé le site Kickstarter dans une logique de Crowd Founding pour  récolter des fonds via des donations. Avec un objectif de 60.000 $, ils en ont finalement récolté près de 90.000 ! Il est d’ailleurs toujours possible d’effectuer des donations via un compte PayPal. Ce projet prend donc de l’ampleur et fédère de nombreuses personnes. Comme quoi il n’est pas si aberrant d’imaginer pouvoir changer nos habitudes 2.0.

La FreedomBox Foundation : véritable révolution

Ce projet est donc réellement révolutionnaire : cela redéfinirait le fonctionnement du web et permettrait théoriquement plus de libertés et plus de confidentialité pour l’utilisateur. On peut même imaginer l’impact dans les pays totalitaires : il ne pourrait théoriquement plus y avoir de contrôle par les Etats.

Mais cette vision d’un nouvel internet soulève des questions et rentre en contradiction avec les tendances du moment : cela va par exemple à l’encontre du Cloud Computing qui était pourtant l’un des sujets phares de cette même conférence au nom évocateur : Freedom in the Cloud. Là où certains voient nos données « dans les nuages », Eben Moglen les voit dans de minis serveurs hébergés à la maison.

Autre paradoxe, alors que nous nous félicitons aujourd’hui du rôle qu’a pu jouer Facebook ou Twitter en Tunisie et en Egypte, Eben Moglen y voit lui une réelle menace pour notre vie privée et veut contrer ces réseaux sociaux. Pourtant on peut se demander quel logiciel libre pourra avoir autant de poids que Facebook et Twitter. Cela arrivera peut être à terme, mais dans l’immédiat, la révolution du monde arabe se situe sur les réseaux sociaux actuels.

La FreedomBox Foundation est donc une démarche à suivre, qui peut apporter un réel changement dans les années à venir, mais il faut aussi prendre conscience que de grands changements s’opèrent dès aujourd’hui. En attendant les logiciels libres de demain, il faut pour l’instant utiliser les supports actuels, qui, même s’ils présentent des effets pervers au niveau de la confidentialité, représentent le seul moyen d’expression pour certains peuples.

COWORKING LAB

MediaLab-Prado : la Co-Création à l’espagnole

Inclusiva-Net au Medialab-Prado

De passage à Madrid ces derniers jours, notre Digital Druide en a profité, entre deux tapas, pour faire un petit tour du côté du MediaLab-Prado.

Le MediaLab-Prado est un centre dédié à la recherche et à la production dans le domaine de la culture digitale et financé par la ville de Madrid. Il a pour but de trouver un lieu commun à l’art, la science la technologie et à l’aspect social.

De nombreux ateliers y sont proposés pour participer à de projets, des conférences, des séminaires, des expositions, des concerts, des présentations… En prime, tous ces événements sont gratuits et ouverts au public.

L’idéologie du MediaLab est basé sur le travail collaboratif et la participation collective pour la production comme pour la recherche. Le MediaLab-Prado est donc considéré comme un des centres européens les plus actifs et créatifs en terme de culture digitale.

Plusieurs programmes sont à l’affiche en ce moment et notamment les projets intitulés Visualizar et Inclusiva-Net.

Visualizar propose des stratégies et des outils pour visualiser les data (à voir l’exemple de ce site qui mappe les « maisons tristes »), alors que Inclusiva-Net propose une recherche et des réflexions autour de la network culture.

Avant de donner la parole au Digital Druide, revenons sur deux notions importantes qui serviront pour la suite :

C’est quoi un MediaLab ?

A la base un MediaLab était un laboratoire du MIT (fondé dans les 80’s par Nicholas Negroponte) où de nombreuses recherches ont vu le jour, notamment concernant la réalité virtuelle. De nombreux MediaLabs sont ensuite apparus un peu partout en Europe en débutant des recherches autour des nouvelles technologies, du multimedia et du design. Un MediaLab a pour but de créer un espace pour l’expérimentation et la fabrication, dans un esprit de culture libre, d’apprentissage et de processus collaboratifs.

C’est quoi une imprimante 3D ?

L’imprimante 3D, également issue du MIT, permet de produire un objet réel à partir d’un fichier CAO en le découpant en tranches puis en déposant ou solidifiant de la matière couche par couche pour, en fin de compte, obtenir la pièce terminée.

Parole de Druide

Le monde change et c’est chaque fois un réel plaisir de voir que partout sur la planète des petits feux s’allument pour montrer une nouvelle voie.

Encore une fois à Madrid au MediaLab du Prado, j’ai rencontré @jararocha qui nous a expliqué les divers travaux en « Working Progress ».

Au milieu de 2 imprimantes 3D et d’une kinetic 360 hackée, on se rend compte qu’il n’y a plus de frontières et que la culture digitale est entrain de (r)évolutionner le monde.

Tout de suite nous avons parlé Barcamp / Hacking Party / Digital Art et pour une fois pas besoin de reprendre l’historique des 4 dernières années.

Jara nous a expliqué que le MediaLab est un endroit ouvert à tout public, il organise régulièrement des workshops sur diverses thématiques (creative commons, électronique, sociologie et open source).

J’ai pu découvrir un réseau internet sans fournisseur d’accès, où les individus sont les noeuds. Ce qui permet d’acheminer Internet dans des endroits inaccessibles  aux infrastructures telecom. Ce qui m’a rappelé un projet que j’avais imaginé sur un Internet où les noeuds seraient dans nos vêtements et donc en perpétuel mouvement (=stable).

Mais aussi de pouvoir protéger et partager ses informations en toute liberté #Hadopi #Lopsi (à venir notre article Freedombox Foundation).

J’ai vu des imprimantes 3D qui impriment des personnes en mouvement à l’aide de la kinetic (cf. les personnages jaunes en photo).

Bientôt ils imprimerons des gâteaux aux chocolats, des macarons…

Enfin nous avons parlé du 50AHOMEDIGITAL (espace de co-création en cours de réalisation) qui, à première vue, s’intégrerait à merveille dans l’écosystème madrilène.

Merci au MediaLab, Merci Madrid !!!

@nicolas2fr

Découvrez les photos de notre Digital Druide :

 

ARCHITECTURE SOCIALE

Arrêtez de prendre les gens pour des CONSommateurs

Dans cette société d’ultra communication dans laquelle nous vivons, on se rend compte que les communicants (entreprises, marques, politiques) s’adressent aux gens comme à des consommateurs en pensant pouvoir influer sur leurs comportements, sur leur façon de penser, pour déclencher les actions voulues.

Pourtant on voit bien aujourd’hui sur le web que les internautes sont devenus des citoyens militants prêts à faire bouger les choses (vous avez dit {R}évolution ?). La preuve : l’exemple Sodexo.

Depuis maintenant quelques temps, on utilise le terme de consom’acteur dans le langage marketing. Une typologie d’acteurs apparue grâce au web 2.0 où le mot d’ordre n’était plus d’être le simple destinataire d’un message, mais d’en être également acteur sur la base du travail collaboratif. Mais cette logique reste biaisée car encore une fois les communicants y trouvent des intérêts : en poussant le consommateur à devenir contributeur, on peut mieux le connaître pour tenter d’influer de manière plus efficace sur son comportement.

Mais aujourd’hui les internautes ne se cantonnent plus à un rôle de consommateur ou même de consom’acteur, ils deviennent des activistes citoyens capables de se faire entendre et de faire bouger les choses. Et même les plus grosses multinationales ne peuvent contrôler l’action citoyenne.

Community Management Citoyen : L’exemple « Changer Sodexo »

A travers sa communication, Sodexo se positionne comme le leader mondial des solutions de qualité de vie au quotidien et se dit être un employeur engagé. Pour le consommateur lambda qui utilise ses tickets resto Sodexo, pourquoi ne pas croire cette multinationale d’origine française ?

Pourtant en faisant un petit tour sur la toile, on entend un son de cloche totalement différent lorsqu’on parle de Sodexo. Le site Changersodexo.fr milite depuis janvier 2010 aux côtés d’organisations syndicales du monde entier pour « exiger que Sodexo soit à la hauteur des principes que la société met en avant en matière de responsabilité sociale, en garantissant le respect des droits fondamentaux de ses salariés à travers le monde et en s’engageant à poursuivre le dialogue social afin d’améliorer les conditions de travail de ses salariés ».

A travers ce site et de la chaîne Youtube ChangerSodexo qui propose des vidéos dénonçant les conditions de travail inacceptables qu’impose Sodexo à ses salariés du monde entier, ces citoyens activistes ont réussi à faire plier la multinationale. En effet, le 8 mars 2011, Sodexo a accepté de « transiger une affaire soumise au  National Labor Relations Board (NLRB) au sujet de sa politique en matière de droit d’expression de ses salariés à l’égard des médias ». Une première victoire pour l’action citoyenne.

Jusqu’ici Sodexo avait une politique très stricte et extrêmement restrictive en matière de médias car la société exigeait que ses salariés ne s’expriment sur « aucun sujet » sans l’accord préalable d’un responsable. Mais grâce aux actions menées par ces activistes 2.0, Sodexo a publié une nouvelle politique des médias « qui n’est plus de nature à porter atteinte à la liberté d’expression des salariés quant à leurs conditions de travail et quant aux problèmes rencontrés sur leur lieu de travail. Sodexo doit notifier ce changement de politique à tous ses salariés aux Etats-Unis ».

L’action citoyenne n’a donc plus de frontières pour s’attaquer aux multinationales. Aux Etats-Unis, les militants ont exactement le même fonctionnement qu’en France avec le site ClenUpSodexo.org et la chaîne Youtube CleanUpSodexo.

Vous avez dit {R}évolution ?

Si l’on se place d’un point de vue plus général, on se rend bien compte que cela change  le rôle et le fonctionnement de l’entreprise. Il s’agit donc maintenant d’exercer un community management citoyen. Chaque recommandation stratégique devra mettre le citoyen au coeur de sa démarche.

La transparence ne sera plus un buzzword green wasté mais une logique d’action.Les entreprises seront confrontés à des bad buzz réguliers qui devront être réglés au cas par cas.

L’entreprise va donc devoir repenser l’ensemble de ses services. Finalement, c’est la construction de l’entreprise de demain : l’entreprise 2.0.

COWORKING LAB

50A ou la philosophie du 50

Comme vous pouvez vous en douter, chez 50A, nous avons une philosophie autour du nombre 50, et cela s’aggrave un peu plus chaque jour. Alors quand on entend que le site Accounting Degree propose 50 conseils pour utiliser intelligemment Linkedin, on se dit qu’on fait des adeptes.

Surtout lorsqu’on sait que cela fait maintenant plusieurs années que les membres fondateurs de 50A parlent de l’importance des réseaux sociaux professionnels et de l’e-réputation : la preuve.

Alors que nous révèle Accouting Degree ? 50 conseils qui peuvent paraître très simples pour certains (« soyez polis », « restez actifs »…) mais qu’il faut effectivement suivre pour développer son réseau professionnel. Ensuite, il y a des notions importantes comme définir des mots clés pertinents pour mettre en avant ses compétences professionnelles ou former un groupe pour être au coeur d’une communauté de professionnels sur LinkedIn.

Aujourd’hui LinkedIn c’est 100 millions de membres dans le monde, c’est Jeff Wiener, le PDG de LinkedIn qui vient de le déclarer sur le Linkedin blog. Résultat, ils viennent s’installer à Paris !

En bonus, chez 50A notre philosophie s’applique aussi à l’Open Source, donc quand on voit que le blog Hi-Tech Fredzone propose 50 banques d’images gratuites et légales, on se dit vraiment qu’on fait des adeptes !

Merci @GUIM et @Thib39 !